Mame Diarra Thiam, alias « Diodio Glow Skin », et Rokhaya Fall, dite « Rox la Chancelière », ont été déférées au parquet de Pikine-Guédiawaye avant l’ouverture d’une information judiciaire. L’exploitation de leurs téléphones aurait révélé des transferts d’argent et des échanges avec plusieurs TikTokeurs. Les deux femmes contestent toutefois avoir financé des campagnes d’injures ou de dénigrement.

Deux femmes inculpées, plusieurs infractions visées

Selon le journal Libération, Diodio Glow Skin et Rox la Chancelière ont été présentées lundi au parquet de Pikine-Guédiawaye. Elles sont poursuivies pour plusieurs infractions présumées, notamment association de malfaiteurs, discours contraires aux bonnes mœurs, complicité de discours contraires aux bonnes mœurs et complicité d’injures publiques par le biais d’un système informatique.

Le dossier vise également trois TikTokeurs et des hommes d’affaires. Le parquet aurait retenu d’autres qualifications, dont le blanchiment de capitaux, l’extorsion de fonds et la provocation à un délit.

À l’issue de l’information judiciaire, Diodio Glow Skin a été inculpée et placée sous bracelet électronique, avec assignation à résidence à partir de 22 heures. Déjà détenue dans une autre affaire, Rokhaya Fall a été placée sous contrôle judiciaire.

Le dossier a été confié au juge du deuxième cabinet d’instruction du tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Un transfert de 600 000 FCFA retrouvé dans un téléphone

L’affaire a pris une nouvelle dimension après l’exploitation de plusieurs téléphones transmis à la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Les appareils avaient été saisis dans le cadre d’une procédure visant notamment Rokhaya Fall, Khadidiatou Kébé, alias Jessica, Nafissatou Fall, alias Narou, et Ramatoulaye Diaw, dite « Ramz Yago ».

D’après Libération, les enquêteurs auraient découvert dans le téléphone de Rox une conversation WhatsApp avec un contact enregistré sous le nom de « Mame Diarra Thiam ». Un justificatif ferait état d’un transfert de 600 000 FCFA effectué le 2 mars 2026 à 20 h 19, pour un montant net de 595 000 FCFA après déduction de 5 000 FCFA de frais.

Interrogée sur cette opération, Diodio Glow Skin aurait expliqué qu’il s’agissait d’une aide financière accordée à Rokhaya Fall, qui lui aurait fait part de difficultés personnelles.

Diodio Glow Skin évoque des vidéos de soutien rémunérées

Les enquêteurs se seraient également intéressés à deux messages vocaux WhatsApp, d’une durée respective de 18 et 8 secondes, dans lesquels un TikTokeur évoquerait notamment un direct et un versement d’argent.

Selon le récit de Libération, Diodio Glow Skin aurait expliqué que les événements remontaient à la controverse d’avril 2026, lorsqu’elle avait signalé le vol présumé de produits cosmétiques par des employés. Elle avait alors évoqué un préjudice de 200 millions de FCFA.

La cheffe d’entreprise aurait ensuite affirmé avoir subi des attaques en ligne, notamment de la part d’une femme identifiée sous le nom de Nafi Kane, établie en France.

Rox lui aurait proposé de solliciter des influenceurs pour défendre sa cause sur les réseaux sociaux. Diodio Glow Skin aurait reconnu avoir versé 500 000 FCFA à un premier TikTokeur par l’intermédiaire de Rox, après la diffusion d’une vidéo de soutien. Un second influenceur aurait reçu la même somme après une intervention en sa faveur lors d’un direct.

La dirigeante aurait néanmoins nié avoir rémunéré des influenceurs pour insulter ou dénigrer d’autres personnes. Elle aurait présenté les transferts comme une aide sociale et expliqué que Rox avait pris l’initiative de la défendre, elle et son équipe.

De son côté, Rokhaya Fall aurait reconnu avoir entrepris de défendre son interlocutrice et ses collaborateurs, qu’elle décrit comme des personnes généreuses. Elle aurait expliqué qu’un TikTokeur l’avait contactée pour proposer un direct en faveur de Diodio Glow Skin, moyennant 500 000 FCFA.

Un message WhatsApp évoquant la diffusion de vidéos injurieuses

Un autre échange, retrouvé dans le téléphone de Rox, intéresse les enquêteurs. Le 11 août 2026 à 19 h 34, un contact enregistré sous le pseudonyme « Major » lui aurait envoyé le message suivant : « Roro, fayal niou dem dougal vidéo saga yi mou viral », que l’on peut traduire par : « Roro, paie pour que nous puissions publier les vidéos injurieuses afin de les rendre virales ».

Interrogée sur ce message, Rokhaya Fall aurait livré une autre interprétation. Selon ses explications rapportées par le journal, son interlocuteur l’invitait à mettre fin à un direct et à publier les injures proférées par l’utilisatrice du compte TikTok « Kani Sadam », afin de permettre au procureur de se saisir de l’affaire.

Les enquêteurs ont également versé au dossier les résultats de l’exploitation du téléphone de Mame Diarra Thiam. Ces éléments devront être examinés dans le cadre de l’instruction judiciaire.

Les deux femmes avaient signalé des problèmes de santé

Au cours de leurs gardes à vue, qui auraient duré respectivement 83 heures et 59 heures 30 minutes, les deux femmes ont signalé des problèmes de santé. Elles ont été conduites à l’Institut d’hygiène sociale de Dakar, également appelé Polyclinique, pour des examens médicaux.

Selon les informations rapportées dans le dossier, ces examens n’auraient révélé aucune inquiétude particulière.

L’instruction devra désormais préciser le rôle de chaque protagoniste, la nature des transferts financiers et les circonstances dans lesquelles les influenceurs sont intervenus. Les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence.

Laisser un commentaire