Le gouvernement a demandé, ce mardi, le renvoi en commission du projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026, au lendemain de son rejet par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale. Une décision qui ouvre la voie à de nouvelles discussions entre l’exécutif et les parlementaires, sur fond de divergences autour des dépenses sociales et des fonds spéciaux.
Cheikh Diba plaide pour des discussions complémentaires
La séance plénière consacrée à l’examen du projet de Loi de finances rectificative s’annonçait tendue. Dès l’ouverture des travaux, Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, a sollicité le renvoi du texte en commission afin de permettre des discussions supplémentaires avec les députés.
« La situation présente nous invite également à faire preuve de responsabilité, de discernement et de hauteur de vue dans nos relations institutionnelles », a déclaré le ministre devant les parlementaires.
Il a précisé que le gouvernement souhaitait s’appuyer sur l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour obtenir ce renvoi et poursuivre les échanges avec les députés.
Cheikh Diba a également tenu à clarifier la position de l’exécutif. Selon lui, cette démarche ne constitue ni un renoncement aux responsabilités gouvernementales ni une tentative de contrôler le débat parlementaire. Elle vise plutôt à examiner les questions soulevées et à rechercher d’éventuels compromis.
Ousmane Sonko convoque la Conférence des présidents
À la suite de cette demande, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a « donné acte » au gouvernement avant de convoquer la Conférence des présidents.
Cette instance doit déterminer le calendrier des prochains travaux de la Commission des Finances et de la séance plénière consacrée à l’examen de la LFR.
Ce renvoi intervient dans un contexte de désaccord entre le gouvernement et des parlementaires de la majorité, après le rejet du texte par la commission compétente. Les prochaines discussions devront permettre de mesurer la possibilité d’un rapprochement des positions.
Dépenses sociales et fonds spéciaux au cœur des désaccords
Les divergences portent notamment sur les arbitrages budgétaires opérés dans le projet de LFR.
Le parti Pastef dénonce des « coupes budgétaires injustifiées » dans les secteurs sociaux. Il réclame également un encadrement des fonds spéciaux associés à certaines institutions, notamment la Présidence de la République, la Primature et l’Assemblée nationale.
Ces enveloppes alimentent le débat sur la transparence et le contrôle de l’utilisation des ressources publiques. Leur encadrement constitue ainsi l’un des points de friction dans les discussions autour du texte budgétaire.
De son côté, l’exécutif défend un projet destiné à redresser la trajectoire budgétaire du Sénégal. Le gouvernement présente la LFR comme un instrument de rigueur financière, dans un contexte marqué par les contraintes pesant sur les finances publiques.
L’accord avec le FMI en toile de fond
Le dossier budgétaire se joue également dans un contexte de négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). L’accord technique évoqué par le gouvernement prévoit un financement de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 243 milliards de francs CFA, sur 36 mois.
Cet appui doit contribuer à soulager les finances de l’État, sous réserve de l’aboutissement des procédures requises. Pour l’exécutif, la maîtrise des dépenses et le redressement budgétaire constituent des enjeux majeurs dans ce processus.
Le renvoi en commission ouvre donc une nouvelle séquence de négociations entre le gouvernement et les députés. L’issue des discussions dira si les deux parties peuvent trouver un compromis sur les priorités sociales, la gestion des fonds spéciaux et les orientations de la politique budgétaire.
