Invité de l’émission « RFM Matin », ce lundi 2 novembre, le porte-parole de l’Alliance pour la République (APR), Abdou Khafor Touré, a vivement dénoncé le rejet en commission du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Il accuse le groupe parlementaire de Pastef de transformer l’Assemblée nationale en instrument de blocage et appelle les forces vives du pays à préparer une alternative politique.
Le rejet en commission du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 continue de susciter des réactions dans la classe politique sénégalaise. Ce lundi matin, sur les ondes de la RFM, Abdou Khafor Touré, porte-parole de l’APR, a vivement critiqué l’attitude des députés de Pastef et dénoncé ce qu’il considère comme une bataille pour le contrôle du pouvoir.
Selon lui, les préoccupations des Sénégalais passent désormais au second plan face aux rivalités politiques au sein de la majorité. « Les personnes à qui ils ont confié leur pays ne se soucient pas d’eux. Ce qui les intéresse, c’est de se battre pour le pouvoir, pour avoir le contrôle exclusif et personnel du pouvoir », a-t-il déclaré.
Abdou Khafor Touré accuse Pastef de bloquer le fonctionnement du pays
Le porte-parole de l’APR reproche particulièrement au groupe parlementaire de Pastef d’utiliser sa position à l’Assemblée nationale pour entraver le fonctionnement des institutions.
Il estime que les députés du parti au pouvoir ont transformé l’institution parlementaire en « un instrument de blocage du pays, de sabotage ».
Dans la même dynamique, l’ancien directeur général de la Compagnie générale immobilière du Sahel (CGIS SA) a dressé un bilan particulièrement sévère de l’action de Pastef depuis son arrivée au pouvoir.
« Les dégâts qu’ils (Sonko et ses partisans) ont causés au pays en deux ans et demi, personne ne peut les estimer », a-t-il affirmé.
Il est même allé jusqu’à qualifier Pastef de « parti d’anarchistes », estimant que les tensions et les dysfonctionnements observés à l’Assemblée nationale illustrent, selon lui, une profonde crise politique.
L’appel à préparer « l’après-Pastef »
Au-delà de ses critiques, Abdou Khafor Touré a lancé un appel au rassemblement des forces politiques et sociales qui souhaitent proposer une autre orientation au Sénégal.
Le responsable de l’APR invite les personnalités expérimentées et les forces vives à dépasser leurs divergences pour préparer une alternative politique.
« Tous les Sénégalais qui aiment vraiment leur pays, les hommes d’expérience, toutes les forces vives doivent se réunir pour préparer l’après-Pastef », a-t-il lancé.
Cet appel traduit la volonté de l’APR de replacer la question de l’alternative politique au centre du débat, dans un contexte marqué par les tensions entre les institutions et les divisions au sein de la majorité.
LFR 2026 : Diomaye Faye doit attendre la fin de la procédure budgétaire, selon lui
Interrogé sur les marges de manœuvre du président Bassirou Diomaye Faye face au blocage du projet de LFR 2026, Abdou Khafor Touré a estimé que le chef de l’État ne pouvait pas intervenir avant l’achèvement de la procédure budgétaire.
« Nous sommes dans la procédure budgétaire. Les procédures budgétaires ne sont pas finies. Bassirou Diomaye Faye ne peut rien faire tant que la procédure n’est pas terminée », a-t-il expliqué.
Cette déclaration intervient alors que l’examen de la loi de finances rectificative cristallise les tensions entre les différents acteurs politiques. Au-delà du désaccord budgétaire, cet épisode révèle une nouvelle séquence de confrontation autour du fonctionnement de l’Assemblée nationale et de la gouvernance du pays.
