À la suite de l’adoption d’une loi votée aux États-Unis fin 2025, le département d’État américain a été contraint de rendre publics près de trois millions de nouveaux documents liés au dossier judiciaire de l’ex-homme d’affaires et criminel sexuel Jeffrey Epstein. Cet important volume comprend des photos, des vidéos et des courriels, parfois partiellement caviardés, dans lesquels apparaissent les noms de nombreuses personnalités à travers le monde. Plusieurs pays du continent africain y sont également cités.
Jusqu’à présent, la seule réaction officielle enregistrée en Afrique émane de la Fondation Zuma, en Afrique du Sud. Celle-ci a réagi à la diffusion d’un message datant de 2010, dans lequel Jeffrey Epstein suggérait la présence « d’un mannequin pour ajouter du glamour » lors d’un dîner organisé en l’honneur du président sud-africain de l’époque, Jacob Zuma. La fondation a nié tout lien avec Epstein et affirme considérer « l’affaire comme désormais close ».
Une influence documentée dans plusieurs pays africains
Les documents rendus publics mettent en lumière les réseaux et méthodes d’influence de Jeffrey Epstein dans plusieurs pays africains, notamment au Nigeria, au Kenya et en Côte d’Ivoire. En 2012, dans un courriel adressé à Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien reconverti dans l’intermédiation pour la vente d’armes, Epstein écrit : « Avec l’explosion des troubles civils et le désespoir de ceux au pouvoir, n’est-ce pas parfait pour toi ? ». Par la suite, un important système de surveillance aurait été vendu à la Côte d’Ivoire alors dirigée par le président Alassane Ouattara. Epstein aurait également rencontré le fils du chef de l’État ainsi que sa nièce.
Par ailleurs, Nina Keita, qui affirme connaître Epstein depuis 2002, apparaît à près de 300 reprises dans les documents judiciaires. Dans l’un de ses messages adressés à l’homme d’affaires américain, elle évoque notamment la détention de Karim Wade, fils de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade.
En janvier 2016, alors que Karim Wade est effectivement incarcéré au Sénégal, Jeffrey Epstein écrit vouloir intervenir en faveur de « son ami ». Il affirme avoir personnellement réglé un contentieux financier et évoque la possibilité d’exercer des pressions diplomatiques sur le président Macky Sall. Karim Wade sera finalement gracié en juin 2016 par le chef de l’État sénégalais.
