L’Alliance pour la République (APR) a vivement réagi, ce mardi, à la conférence de presse de la ministre de la Justice, Yassine Fall, tenue quelques heures plus tôt. Le parti de l’ancien président Macky Sall dénonce une « hérésie judiciaire » et un « acharnement politique », tout en annonçant une tournée nationale suivie d’une marche de protestation.

« Tout est politique », selon Seydou Guèye

Prenant la parole, Seydou Guèye, responsable et porte-parole de l’APR, a affirmé que le maintien en détention de l’honorable député Farba Ngom confirme la lecture politique que son parti fait du dossier.

« Cette décision de maintenir l’honorable député Farba Ngom nous conforte dans notre vision. Dans cette affaire, tout est politique. De notre point de vue, ce n’est pas une affaire judiciaire », a-t-il déclaré.

Une justice jugée partiale et revancharde

Poursuivant son propos, Seydou Guèye a soutenu que si l’affaire relevait réellement du judiciaire, les droits du député auraient été respectés, notamment au regard de son état de santé.

« Rien n’interdit à la justice de le libérer et de prendre des dispositions pour le maintenir sous contrôle. Nous sommes convaincus que beaucoup de Sénégalais partagent ce sentiment. Ce que nous voyons, c’est de l’acharnement, de la haine, la justice des vainqueurs, une logique de revanche. Et cela met en péril notre vivre-ensemble et notre République », a-t-il martelé.

Selon lui, la défense de la République et de la démocratie demeure la préoccupation centrale de l’APR.

Le parquet pointé du doigt

Par ailleurs, l’APR estime que le comportement du parquet ne correspond pas aux attentes des Sénégalais. Le parti qualifie la décision rendue de « hérésie juridique ».

« Depuis ce matin, quand on écoute les médias et les commentaires des Sénégalais, tous les qualificatifs ont été utilisés pour décrire cette décision », a souligné le porte-parole du parti.

Une « conférence de panique » du ministère de la Justice

L’Alliance pour la République fustige également la sortie médiatique de la ministre de la Justice, qu’elle qualifie de « conférence de panique ».

« Pour tenter d’alourdir les charges, cette sortie est inacceptable. Nous la dénonçons avec la dernière énergie et de la manière la plus vigoureuse possible. Cette décision reste une hérésie juridique », a insisté Seydou Guèye.

Un plan d’action pour la « restauration de l’État de droit »

En réaction, l’APR annonce la mise en œuvre d’un plan d’action structuré, destiné, selon elle, à restaurer l’État de droit et à défendre la République.

Dans un premier temps, le parti prévoit des tournées auprès des autorités religieuses, avant d’élargir la démarche aux organisations de la société civile, qu’il appelle à se prononcer sur la situation carcérale jugée « inacceptable et injuste » de ses responsables.

Enfin, l’APR compte saisir les représentations diplomatiques et annonce, dans les prochains jours, la date d’un grand rassemblement national.

« Nous annoncerons très prochainement une marche nationale pour la libération des détenus et des otages politiques », a conclu Seydou Guèye.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *