L’affaire dite « Softcare » continue d’alimenter les débats au Assemblée nationale du Sénégal. Au lendemain de la conférence de presse organisée par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le député Pape Tahirou Sarr, membre de la mission d’information parlementaire chargée d’examiner ce dossier, est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« incohérences » dans la gestion de cette affaire.

Selon lui, plusieurs zones d’ombre subsistent et ne permettent pas de considérer le dossier comme définitivement clos.

Le refus de comparaître devant la mission parlementaire

Dans sa déclaration, le parlementaire a particulièrement pointé l’attitude du ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy. Il affirme que ce dernier aurait refusé de se présenter devant la mission d’information parlementaire mise en place par l’Assemblée nationale afin d’éclairer les circonstances entourant cette affaire.

« En ma qualité de député à l’Assemblée nationale, membre de la Commission Santé mais aussi de la mission d’information parlementaire sur l’affaire Softcare, je déplore solennellement le refus du ministre de la Santé de répondre à l’audition de la mission », a-t-il déclaré.

Selon Pape Tahirou Sarr, privilégier des interventions médiatiques plutôt qu’une comparution devant les députés pourrait être perçu comme un manque de respect envers l’institution parlementaire et une manière d’éviter un débat contradictoire.

Des interrogations sur des matières premières périmées

Le député évoque également des éléments qu’il juge préoccupants dans les conclusions des inspections réalisées sur le site de production de l’entreprise concernée. D’après lui, des pharmaciens inspecteurs assermentés auraient découvert environ 1 300 kilogrammes de matières premières périmées dans l’usine.

Ces constatations auraient été effectuées conformément à la Loi n°2023-06 du 13 juin 2023 et en présence de la Gendarmerie nationale du Sénégal. Les inspecteurs auraient établi des rapports officiels signés, lesquels auraient initialement conduit à la suspension de la commercialisation de certains produits.

Des contradictions autour des conclusions officielles

Cependant, selon le député, un communiqué publié par la cellule de communication de l’Agence de Régulation Pharmaceutique du Sénégal serait venu contredire ces constats.

Il affirme qu’aucune contre-expertise scientifique publique n’aurait été présentée pour justifier cette position, ce qui soulèverait des interrogations sur les procédures ayant conduit à la levée des mesures suspensives prises initialement.

Des analyses à l’étranger encore non publiées

Autre point soulevé : les analyses qui auraient été réalisées à l’étranger. Selon les autorités, certains échantillons auraient été examinés en Allemagne. Toutefois, d’après Pape Tahirou Sarr, aucun rapport officiel de ces analyses n’a été rendu public jusqu’à présent.

Le parlementaire indique également qu’aucune information détaillée n’a été communiquée concernant la traçabilité des échantillons analysés.

Appel à plus de transparence

Face à ces interrogations, le député appelle à davantage de transparence dans la gestion du dossier. Il demande notamment la comparution du ministre de la Santé devant la mission d’information parlementaire afin de répondre aux questions des députés.

Il réclame également la publication intégrale des rapports techniques établis par les inspecteurs, ainsi que celle des analyses réalisées à l’étranger. Enfin, il plaide pour un audit indépendant portant sur la gestion de l’Agence de Régulation Pharmaceutique et pour la protection des pharmaciens inspecteurs dans l’exercice de leurs missions.

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