La décision récente du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) demandant aux enseignants sénégalais recrutés par le gouvernement guinéen de « choisir entre le Sénégal et la Guinée » continue de provoquer des réactions. Parmi les voix critiques figure celle d’Alioune Tine, fondateur du Think Tank Afrikajom Center, qui appelle à une approche plus nuancée et adaptée aux réalités contemporaines du monde universitaire.
Pour le défenseur des droits humains, les autorités ne devraient pas assimiler l’enseignement transfrontalier à une menace ou à un acte de défiance. Il estime au contraire que cette pratique incarne la vocation même de l’universitaire.
« Faut-il dramatiser à l’excès le fait que des professeurs d’université du Sénégal puissent enseigner en même temps dans les universités africaines, européennes, chinoises ou américaines ? C’est la vocation naturelle des universitaires », soutient-il.
Alioune Tine souligne que restreindre la mobilité des enseignants-chercheurs revient à nier la dimension universelle du savoir. Selon lui, le rayonnement des universitaires sénégalais à l’étranger constitue une opportunité stratégique, qu’il convient d’organiser et d’encadrer plutôt que de combattre.
Face à l’injonction du MESRI, le fondateur d’Afrikajom Center plaide pour une solution fondée sur la concertation et la coopération institutionnelle.
« Il faut s’entendre pour l’inscrire dans le cadre d’une coopération interuniversitaire. Ne pas exiger de façon radicale de choisir la Guinée ou le Sénégal », préconise-t-il.
Alioune Tine invite ainsi les autorités sénégalaises et guinéennes à privilégier la voie du dialogue diplomatique et académique. « Il faut dialoguer et débattre entre États et entre universités. Enseigner en Guinée et au Sénégal doit rester dans l’ordre du possible », conclut-il.
