Au Sénégal, les jeunes diplômés face au mur du chômage : entre rêves brisés et quête de solutions Malgré leur formation, de nombreux jeunes Sénégalais peinent à intégrer le marché du travail. La crise de l’emploi touche désormais toutes les couches de la jeunesse, alimentant frustration et migration clandestine.


Une jeunesse formée mais désœuvrée

Chaque année, des milliers de jeunes sortent des universités, écoles de formation et instituts techniques sénégalais avec des diplômes en main, mais sans perspectives concrètes d’emploi. Ingénieurs, économistes, juristes ou techniciens, nombreux sont ceux qui errent dans une attente interminable.

Awa, diplômée en communication depuis trois ans, enchaîne les stages non rémunérés. « Je veux juste travailler et être utile, mais j’ai l’impression que mon diplôme ne vaut rien sur le marché », confie-t-elle avec amertume.

Un marché saturé et peu structuré

Le secteur public n’embauche plus comme avant, et le secteur privé est souvent frileux face à des profils jugés « peu expérimentés ». Paradoxalement, les entreprises recherchent à la fois des jeunes et des personnes expérimentées, ce qui crée un déséquilibre flagrant.

Les recrutements se font parfois sur la base de réseaux, de recommandations ou d’affinités politiques. Pour les jeunes qui n’ont pas d’appui ou de réseau, l’intégration devient une course d’obstacles.

Le mirage de l’entrepreneuriat et de la migration

Face à l’impasse, certains jeunes se tournent vers l’entrepreneuriat. Mais sans capital de départ ni accompagnement sérieux, leurs initiatives échouent souvent. D’autres choisissent l’exil, au péril de leur vie, en embarquant vers l’Europe via les pirogues ou des routes migratoires clandestines.

Des réponses institutionnelles encore faibles

Les programmes publics d’emploi, tels que l’ANPEJ ou le FAISE, peinent à absorber l’ampleur du chômage. Certains bénéficiaires dénoncent des lenteurs administratives, des critères d’éligibilité opaques ou une mauvaise répartition des ressources.

Le manque de synergie entre l’éducation, la formation professionnelle et les besoins réels du marché est également mis en cause. Trop de filières académiques débouchent sur des voies sans issues.

Vers un pacte national pour l’emploi des jeunes ?

Des experts et membres de la société civile appellent à une réforme en profondeur des politiques d’emploi. Cela passe par une cartographie des besoins économiques, une meilleure orientation des formations, des incitations aux PME et un climat propice à l’investissement.

Surtout, il est urgent de restaurer la confiance des jeunes envers leur pays. Car un État qui ne sait pas retenir ses talents risque de compromettre son avenir.


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