À deux jours des élections législatives et communales prévues dimanche 11 janvier 2026, les partis politiques encore en lice multiplient les actions de terrain. Cinq formations sont engagées dans cette double consultation décisive pour l’avenir politique du pays.
Derniers réglages avant le vote
Le Bénin s’apprête à renouveler ses 109 députés et ses conseils municipaux. Jeudi 8 janvier marquait l’ultime phase de la campagne électorale, avec des meetings de proximité, des caravanes et des rencontres directes avec les électeurs à travers le pays.
À Parakou, dans le nord, les partis ont poursuivi leurs opérations de séduction. C’est dans cette ville que l’Union progressiste le Renouveau (UPR), formation de la mouvance présidentielle, avait lancé sa campagne il y a deux semaines aux côtés du Bloc républicain. Le parti du Baobab est allé à la rencontre des habitants du quartier Ganon, rapporte notre envoyée spéciale à Parakou, Magali Lagrange.
L’UPR à la conquête d’un bastion de l’opposition
Après une stratégie de porte-à-porte, l’UPR privilégie désormais de petits regroupements ciblés. Le parti met en avant son statut de première force politique du pays en nombre d’élus. Lors des législatives de 2023, il n’avait toutefois décroché qu’un seul siège dans cette circonscription.
« Parakou reste un bastion de l’opposition, reconnaît Sidi Céci Abdou Raouf, candidat de l’UPR. Avec ces élections, nous voulons faire reculer l’opposition et montrer que la ville peut accompagner le développement impulsé par le président Patrice Talon. »
Développement des infrastructures, accès à l’eau potable, à l’électricité et aux routes figurent au cœur du discours. Le candidat promet également de porter les doléances locales au niveau gouvernemental.
Entre attentes et désillusions des électeurs
Dans l’assistance, les avis divergent. Un habitant du quartier exprime sa déception face aux élus sortants :« On va encore les écouter. Mais il manque presque tout ici : pas de collège, pas d’hôpital,pas de routes, ni d’éclairage ou d’eau potable. »À ses côtés, un voisin affiche sa conviction :« C’est mon parti de cœur. Je crois en leur vision. »
À l’Assemblée nationale sortante, l’UPR disposait de 53 sièges sur 109.
La FCBE, seule opposition en lice
À Godomey, près de Cotonou, l’ambiance est tout aussi studieuse. Au siège de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), une caravane se prépare, rapporte notre correspondant Jean-Luc Aplogan. La FCBE est le seul parti d’opposition autorisé par la Commission électorale nationale autonome (Cena) à participer aux élections législatives, communales et à la présidentielle du 12 avril 2026.
Affiches vertes ornées du cauris blanc, slogans militants et mini-meetings rythment cette fin de campagne. Pour Prosper Adoukonou, secrétaire administratif par intérim, le message est clair :
« Nous dénonçons une démocratie mise à mal par ce régime. Si nous arrivons au pouvoir, nous restaurerons la démocratie, libérerons les prisonniers politiques et favoriserons le retour des exilés. »
Promesses sociales et réponses aux critiques
À Cotonou, Assogbahou Justin, candidat FCBE, met en avant l’amélioration des conditions de vie :
« Nous allons légiférer pour que les Béninois vivent mieux qu’aujourd’hui. Ils nous soutiennent. Le soir du 11 janvier, les résultats parleront. »
Pour obtenir des sièges, un parti doit recueillir 20 % des suffrages dans les 24 circonscriptions électorales, un seuil ramené à 10 % en cas d’alliance. « Nous nous sommes adaptés à ce code électoral en concluant des accords », explique la FCBE.
Accusé par ses adversaires d’être une opposition modérée, voire complaisante, le parti rejette ces critiques :
« Nous n’avons jamais partagé le pouvoir avec eux. C’est un procès d’intention. La FCBE est un parti souvent mal compris. »
Cap sur le scrutin
Pour ce dernier jour de campagne, les formations politiques prévoient encore quelques mini-rassemblements avant de céder la place au silence électoral. Les partis appellent également leurs représentants à la vigilance dans les bureaux de vote dimanche, alors que le pays retient son souffle à la veille d’un scrutin à forts enjeux.
