Emmanuel Macron effectue une nouvelle visite à Marseille ce mardi 16 décembre, dans un contexte marqué par l’émotion et l’inquiétude suscitées par l’assassinat de Mehdi Kessaci, survenu le 13 novembre dernier. La victime était le frère d’Amine Kessaci, figure engagée dans la lutte contre le trafic de drogue dans la cité phocéenne.

Ce déplacement présidentiel intervient alors que la question du narcotrafic, qualifié de menace majeure par l’exécutif, s’impose à nouveau au cœur du débat public. Le chef de l’État, à l’origine du plan « Marseille en grand » lancé en 2021, entend mettre l’accent sur le renforcement de la sécurité et la lutte contre les réseaux criminels.

Narcotrafic : un message politique fort

Dès son arrivée, Emmanuel Macron doit évoquer le narcotrafic lors d’un débat organisé par le quotidien La Provence, dans le cadre de sa tournée nationale à la rencontre des lecteurs de la presse régionale. À Marseille, cette initiative prend une dimension particulière après le meurtre de Mehdi Kessaci, ciblé en raison de l’engagement de son frère contre les trafiquants.

L’Élysée précise qu’aucune rencontre n’est prévue à ce stade avec la famille Kessaci ni avec celle d’Abderrahim, un jeune homme retrouvé brûlé quelques jours plus tard.

Une mobilisation de l’État affichée

Programmé après l’assassinat de Mehdi Kessaci, ce déplacement vise à montrer l’implication directe du chef de l’État. Emmanuel Macron avait rapidement demandé aux ministres de l’Intérieur et de la Justice de se rendre sur place. Il a également présidé deux réunions ministérielles ces dernières semaines afin d’accélérer la mise en œuvre de la loi contre le narcotrafic, désormais placé au même niveau de gravité que le terrorisme.

Dans une récente interview accordée à La Tribune Dimanche, le président a assuré que l’État « gagnera » la bataille contre le narcotrafic à Marseille.

Infrastructures sécuritaires à l’agenda présidentiel

La visite prévoit aussi l’inauguration de l’extension de la prison des Baumettes ainsi que celle d’un nouveau commissariat dans les 13e et 14e arrondissements, symboles de la réponse sécuritaire renforcée de l’État.

Des habitants sceptiques et désabusés

Sur le terrain, la lassitude domine. Dans plusieurs quartiers populaires, de nombreux habitants se disent peu convaincus par cette visite présidentielle. Dans le 3ᵉ arrondissement, près de la cité Félix Pyat, la présence renforcée des forces de l’ordre n’apaise pas les doutes.

« Ils mettent des CRS partout, mais ils ne prennent pas le mal à la racine », déplore Michel, riverain. Même scepticisme chez Robin, qui voit dans cette visite un coup médiatique sans effets durables : « Les annonces se succèdent depuis des années, mais rien ne change vraiment. »

Pour Mélissa, assistante médicale, la solution passe avant tout par le renforcement des politiques sociales : « Les quartiers nord sont abandonnés. Les jeunes n’ont pas d’alternatives. Tant qu’on ne leur propose rien, les réseaux se reconstitueront, même avec plus de police. »

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