Une vive polémique oppose le gouvernement du Burkina Faso à l’ONG Human Rights Watch (HRW), après la publication d’un rapport accablant sur la situation sécuritaire dans le pays.
Intitulé « Personne ne pourra s’échapper », le document revient sur deux années d’exactions présumées contre des civils dans le cadre de la lutte antiterroriste. Selon HRW, environ 1 800 civils auraient été tués sur cette période, la majorité des victimes étant attribuée aux forces de sécurité burkinabè et à leurs supplétifs civils, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Une réponse virulente des autorités
Face à ces accusations, le gouvernement burkinabè a fermement rejeté les conclusions du rapport. Son porte-parole, Pingdwendé Gilbert Ouedraogo, a qualifié l’enquête de « faux rapport » et de « tissu d’allégations graves infondées ».
Les autorités dénoncent également une ONG « déconnectée des réalités » et accusent HRW de chercher à « fragiliser les efforts du peuple burkinabè » dans la lutte contre le terrorisme.
Dans leur réponse, elles pointent des « insuffisances méthodologiques » et affirment que les forces engagées sur le terrain agissent avec « professionnalisme », dans le respect de la protection des populations civiles.
Des accusations graves et un climat tendu
Le ton est encore monté d’un cran avec des déclarations assimilant l’ONG à des « forces néocoloniales » ou encore à des « sponsors du terrorisme au Sahel ». Le gouvernement va jusqu’à évoquer la possibilité de « mesures fermes » contre ce qu’il considère comme des « officines impérialistes déguisées en ONG ».
De son côté, HRW affirme avoir mené une enquête approfondie, basée sur des sources ouvertes et plus de 450 entretiens réalisés au Burkina Faso et dans plusieurs pays de la région, notamment au Mali, au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Bénin.
Cette confrontation met en lumière les tensions persistantes autour de la gestion de la crise sécuritaire au Sahel, dans un contexte où la question des droits humains reste particulièrement sensible.
