La campagne agricole 2025/2026 s’annonce exceptionnelle dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). D’après le dernier rapport de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), fondé sur les données du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), la saison a démarré précocement et a bénéficié d’une pluviométrie abondante dans la majorité des États membres.
La production vivrière progresse nettement
Grâce à ces conditions climatiques favorables, les pays de l’UEMOA devraient produire 84.598.824 tonnes de denrées vivrières, soit une hausse de 4,7 % par rapport à la campagne précédente. Cette performance dépasse également de 11,4 % la moyenne enregistrée au cours des cinq dernières années.
Les céréales portent l’essentiel de cette dynamique avec une progression de 7,6 %, tandis que les tubercules enregistrent une hausse de 5,2 %. Les cultures d’exportation affichent globalement de bons résultats, à l’exception du café et du cacao.
Le coton et l’arachide tirent la croissance agricole
La production de coton-graine devrait atteindre 2.352.300 tonnes, en augmentation de 9,8 % par rapport à la campagne 2024/2025. La BCEAO attribue cette performance aux résultats enregistrés au Mali (+19,2 %), au Burkina Faso (+17,7 %) et au Bénin (+7,4 %), malgré un recul notable en Côte d’Ivoire (-10,4 %).
Comparée à la moyenne des cinq dernières campagnes, la production cotonnière progresse de 10,2 %.
Dans le même temps, les récoltes d’arachide devraient atteindre 4.973.500 tonnes, soit une hausse de 11,6 %. Cette évolution reflète la bonne répartition spatio-temporelle des précipitations dans les principaux pays producteurs, notamment au Burkina Faso (+24,0 %), au Bénin (+21,3 %), en Côte d’Ivoire (+16,9 %) et au Sénégal (+10,0 %).
Le caoutchouc et la noix de cajou enregistrent de fortes hausses
La région devrait produire 1.956.500 tonnes de caoutchouc, en hausse de 16,0 % par rapport à la saison précédente. La BCEAO attribue cette performance à l’accompagnement du gouvernement ivoirien dans la structuration et la modernisation de la filière.
La production de noix de cajou connaîtra une progression spectaculaire de 39,8 %, pour atteindre 2.079.200 tonnes. Les bonnes récoltes en Côte d’Ivoire (+58,8 %), en Guinée-Bissau (+11,0 %) et au Burkina Faso (+10,0 %) expliquent cette forte croissance, favorisée par des conditions climatiques globalement favorables.
En Côte d’Ivoire, l’introduction de nouvelles variétés d’anacardiers à haut rendement et un meilleur encadrement des producteurs sur les pratiques agricoles performantes ont fortement soutenu cette dynamique.
Le cacao et le café en net recul
En revanche, la production de cacao devrait reculer de 9,4 % pour s’établir à 1.731.900 tonnes. La baisse de l’offre ivoirienne (-9,5 %), provoquée par une sécheresse plus longue que prévu dans les zones de production, explique principalement ce repli.
La production de café devrait, quant à elle, chuter de 41,1 % pour atteindre 60.000 tonnes à l’issue de la campagne 2025/2026, en raison de conditions climatiques défavorables en Côte d’Ivoire. Le Togo, avec une légère hausse de 1,0 %, atténue toutefois partiellement cette tendance au niveau régional.
