Le président Bassirou Diomaye Faye doit présider, ce samedi 7 mars, la cérémonie de clôture des travaux de révision des textes de la coalition Diomaye Président au King Fahd Palace. Pour plusieurs observateurs, cette initiative marque un moment important dans la trajectoire politique du chef de l’État.

Après avoir quitté la direction du Pastef afin d’adopter une posture « au-dessus des partis », Bassirou Diomaye Faye semble désormais sortir de sa réserve. L’objectif, selon certains analystes, serait de structurer une base politique propre et de s’émanciper progressivement de l’influence de son parti d’origine.

Une stratégie d’affirmation politique

Interrogé par le quotidien L’Observateur, le journaliste Assane Samb estime que cette démarche répond à une double logique : affirmer l’autorité du chef de l’État et consolider son leadership politique.

Selon lui, la coalition « Diomaye Président » pourrait constituer un espace stratégique pour le président.

« Diomaye Président constitue une forme de refuge pour le chef de l’État, lui permettant de souffler et d’affermir son autorité. Car, au sein de Pastef, il ne dispose d’aucune autorité, ce qui est problématique pour celui qui dirige un État », analyse-t-il.

Une possible rupture avec Sonko ?

Même si la collaboration au sommet de l’exécutif paraît stable, certains experts évoquent déjà un possible « télescopage » politique entre le président et son Premier ministre, Ousmane Sonko.

D’après Assane Samb, la relation entre les deux dirigeants pourrait connaître des tensions à long terme. L’analyste estime que la « cohabitation douce » évoquée par Sonko pourrait difficilement se prolonger indéfiniment.

« Aucun des deux ne veut assumer ses responsabilités, mais chacun sait que ça ne peut pas continuer », affirme-t-il.

De son côté, le politologue Mamadou Sy Albert considère que le chef de l’État semble déterminé à poursuivre sa stratégie politique.

Vers une recomposition politique

Au-delà de la relation avec Pastef, l’enjeu pour Bassirou Diomaye Faye serait désormais de bâtir une base politique autonome en vue des échéances futures.

Toujours selon Assane Samb, la coalition « Diomaye Président » pourrait s’ouvrir à d’autres forces politiques. Parmi les formations évoquées figurent notamment le Parti démocratique sénégalais (PDS), l’Alliance pour la République (APR) ou encore le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR).

Pour l’analyste, la véritable bataille politique se jouera dans la perspective de l’élection présidentielle de 2029.

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