Le conflit au Moyen-Orient pourrait plonger près de 45 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire, a averti jeudi la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Selon elle, ce risque pourrait encore s’intensifier à mesure que les perturbations économiques se prolongent.

En effet, la flambée des prix de l’énergie ainsi que les ruptures d’approvisionnement en pétrole, gaz naturel liquéfié et engrais aggravent la situation. Par conséquent, le nombre total de personnes souffrant de la faim pourrait dépasser 360 millions à l’échelle mondiale.

Des besoins financiers en forte hausse

Dans ce contexte, le Fonds monétaire international anticipe une hausse significative des demandes d’aide de ses États membres. L’institution estime ces საჭირო besoins entre 20 et 50 milliards de dollars, une fourchette basse restant conditionnée au maintien d’un cessez-le-feu.

Kristalina Georgieva a présenté ces perspectives lors de son discours d’ouverture des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, organisées à Washington. Toutefois, elle a tenu à rassurer en soulignant que des politiques économiques solides dans de nombreux pays émergents ont permis de limiter l’ampleur du choc. De plus, le FMI dispose, selon elle, des ressources nécessaires pour y faire face.

Une reprise mondiale incertaine

Malgré ces éléments, la directrice générale du FMI reste prudente. Même dans le scénario le plus favorable, un retour rapide à la situation d’avant-conflit paraît improbable. Ainsi, la croissance mondiale devrait être revue à la baisse.

Les destructions d’infrastructures, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la perte de confiance des acteurs économiques freinent la reprise. Dès lors, la croissance devrait rester modérée, y compris en cas de stabilisation durable de la situation géopolitique.

Le FMI doit d’ailleurs publier une mise à jour de son rapport sur l’économie mondiale. Ce document intégrera plusieurs scénarios, allant d’une normalisation rapide à une prolongation des tensions accompagnée de prix élevés de l’énergie et de répercussions durables.

Inflation et déséquilibres : un risque persistant

Par ailleurs, la situation actuelle pourrait déstabiliser les anticipations d’inflation sur les marchés. En conséquence, un nouveau cycle inflationniste, potentiellement coûteux pour l’économie mondiale, pourrait émerger.

Face à cette incertitude, Kristalina Georgieva recommande une approche prudente. À court terme, elle estime qu’il est préférable « d’attendre et d’évaluer » l’évolution de la situation. Néanmoins, si les pressions inflationnistes s’intensifient, les banques centrales devront réagir fermement, notamment en relevant leurs taux d’intérêt.

Des impacts inégaux selon les régions

Cependant, les effets de la crise varient fortement selon les pays. Les économies à faible revenu et les États importateurs d’énergie subissent les conséquences les plus sévères, en raison de marges budgétaires limitées.

La directrice du FMI a notamment évoqué la vulnérabilité des nations insulaires du Pacifique, situées en bout de chaîne d’approvisionnement et confrontées à des incertitudes sur leurs approvisionnements énergétiques.

De son côté, la Banque mondiale souligne que les pays du Moyen-Orient supportent déjà un coût économique immédiat et important. La croissance régionale devrait ainsi être revue à la baisse, atteignant 1,8 % en 2026, soit 0,6 point de moins que les prévisions d’avant-guerre.

Des réponses politiques sous surveillance

Enfin, les gouvernements disposent de plusieurs leviers pour atténuer les effets de la crise. Toutefois, Kristalina Georgieva met en garde contre certaines mesures, telles que les restrictions sur les exportations ou le contrôle des prix, susceptibles d’aggraver les déséquilibres.

Dans un environnement aussi instable, les décisions économiques devront donc concilier prudence et réactivité afin de limiter les impacts durables du conflit sur l’économie mondiale.

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