Le Premier ministre Ousmane Sonko a livré une analyse sans détour de la guerre au Moyen-Orient, dénonçant une dégradation de l’ordre international et alertant sur les conséquences économiques pour le Sénégal.
Une guerre assumée et un risque d’escalade
D’abord, Ousmane Sonko a qualifié la situation de « guerre ».
Selon lui, les États-Unis et leurs alliés, dont Israël, ont déclenché des frappes contre Iran.
Il estime que ces opérations ont provoqué une riposte dangereuse.
Cette dynamique pourrait embraser toute la région du Golfe.
« Nous serions très naïfs de penser que cela se limitera à ces événements », a-t-il averti.
Il appelle ainsi à une lecture lucide des rapports de force actuels.
Une critique de l’ordre international
Ensuite, le chef du gouvernement dénonce des frappes menées sans mandat des Nations Unies.
Il évoque même des assassinats de dirigeants étrangers.
Selon lui, le monde assiste à un « retour à l’état de nature ».
Il y voit l’affaiblissement du droit international au profit de la loi du plus fort.
Ce basculement menacerait un équilibre mondial construit depuis près d’un demi-siècle.
Il redoute une remise en cause profonde des règles multilatérales.
Le détroit d’Ormuz, point névralgique
Par ailleurs, Ousmane Sonko insiste sur les risques économiques.
Le Détroit d’Ormuz constitue, selon lui, un point stratégique majeur.
Entre 30 % et 40 % du pétrole mondial y transite.
Une perturbation prolongée ferait bondir les prix des hydrocarbures.
Une telle hausse accentuerait l’inflation mondiale.
Elle affecterait l’investissement et les produits de consommation courante.
Le Sénégal, importateur net de pétrole, subirait directement ce choc exogène.
Une rivalité entre blocs de puissances
Enfin, le Premier ministre inscrit cette crise dans une rivalité globale.
Il évoque la montée en puissance des BRICS.
Il souligne le rôle croissant de la Chine sur les plans économique et technologique.
Certaines interventions relèveraient, selon lui, d’une stratégie d’endiguement.
Dans un monde en transition vers le multipolaire, les tensions s’intensifient.
Face aux risques d’escalade, il appelle à une désescalade rapide « pour le bien du monde ».
