Après cinq années de mise en œuvre, le projet Copernicea franchit une étape décisive. Grâce à la comptabilité écosystémique du capital naturel, le Sénégal et cinq pays partenaires disposent désormais d’outils pour intégrer la nature dans les politiques de développement durable.
Un levier structurant pour la planification durable
Le projet Copernicea arrive à son terme avec une ambition claire. Il veut amener les gouvernants à intégrer le capital naturel dans les politiques publiques.
Financée par l’Agence française de développement à hauteur de 2 millions d’euros sur cinq ans, l’initiative a accompagné six pays francophones. Elle a été coordonnée par l’Observatoire du Sahara et du Sahel.
Ainsi, le programme a soutenu le Sénégal, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée, le Maroc et la Tunisie dans la gestion durable de leurs ressources.
Par ailleurs, l’atelier national de clôture, organisé à Dakar par le Centre de suivi écologique dirigé par Cheikh Mbow, a permis de dresser un bilan exhaustif des acquis.
Sortir de la dégradation des services écosystémiques
Tout est parti d’un constat jugé urgent. Selon Marième Diallo Seck, point focal national du projet, les écosystèmes fournissent des services vitaux. Cependant, leur dégradation menace aujourd’hui la survie humaine.
Face à cette situation, un engagement international a été pris. Il vise à mieux valoriser ces services dans les processus de décision.
« La comptabilité écosystémique est une extension des normes statistiques des Nations unies. Elle dote nos pays d’outils pour mesurer, suivre et gérer durablement nos actifs naturels », a-t-elle expliqué.
Quatre comptes stratégiques pour le Sénégal
Grâce à Copernicea, le Sénégal dispose désormais de quatre comptes clés. Ces instruments orientent les décisions publiques.
L’occupation des terres
Une cartographie spatio-temporelle couvrant 2015-2020 est désormais disponible. Elle identifie les zones soumises aux plus fortes pressions anthropiques.
Le compte carbone
Cet outil localise les zones de séquestration et d’émission. Par conséquent, il facilite le ciblage des espaces à restaurer en priorité.
Le compte de l’eau
Ce dispositif évalue les potentialités hydriques nationales. De plus, il aide à anticiper les pressions climatiques et humaines.
Le compte de la biodiversité
Enfin, ce compte recense le potentiel faunique et végétal du pays. Il met aussi en évidence les zones de dégradation ou d’amélioration des services rendus par la nature.
Vers une nouvelle gouvernance environnementale
En intégrant ces données scientifiques dans la planification économique, le Sénégal franchit un cap important. Désormais, la préservation de l’environnement tend à devenir un indicateur de performance nationale, au même titre que le produit intérieur brut.
À terme, les autorités misent sur ces outils pour renforcer une gouvernance plus durable, plus préventive et mieux alignée sur les objectifs de développement durable.
