Une hausse des prix révélatrice d’une crise profonde
Le 27 mars 2026, les autorités du Mali annoncent une hausse des prix du carburant.
L’essence atteint 875 FCFA le litre, le diesel 943 FCFA.
Officiellement, la junte évoque une mesure économique.
Mais en réalité, cette décision traduit une crise sécuritaire majeure.
Elle reflète surtout une pression croissante sur les circuits d’approvisionnement.
Une pression exercée par le JNIM.
Le contrôle des routes, clé de la stratégie jihadiste
Depuis septembre 2025, le JNIM cible les axes logistiques.
Il s’appuie notamment sur la Katiba Macina dirigée par Amadou Koufa.
Le pays, enclavé, dépend fortement des importations terrestres.
Les convois viennent de Abidjan, Dakar, Conakry et Lomé.
En coupant ces routes, les groupes armés paralysent l’économie.
Ils asphyxient progressivement l’État malien.
Une campagne d’attaques coordonnées
Ensuite, les attaques se multiplient sur plusieurs corridors.
L’axe sud, reliant Abidjan à Bamako, devient une cible prioritaire.
En décembre 2025, plusieurs camions-citernes sont incendiés près de Bougouni.
D’autres attaques frappent simultanément différentes régions.
Le 29 janvier 2026, un nouveau front s’ouvre à l’ouest.
Un convoi est attaqué entre Diboli et Kayes.
À Kidira, les transporteurs suspendent leurs activités.
Les corridors d’approvisionnement sont alors presque tous menacés.
Une crise économique et sociale majeure
Par conséquent, les effets sur la population sont immédiats.
À Bamako, les stations-service fonctionnent au ralenti.
Le rationnement s’installe dans la capitale.
Les files d’attente s’allongent pendant des heures.
Certaines écoles et universités ferment temporairement.
Le manque de carburant perturbe transports et électricité.
Dans des villes comme Mopti, la situation devient critique.
L’approvisionnement est interrompu pendant plusieurs semaines.
Un coût humain et sécuritaire lourd
Par ailleurs, la crise entraîne des pertes humaines.
Selon Human Rights Watch, plusieurs chauffeurs sont exécutés.
Ces attaques visent des civils impliqués dans la logistique.
Elles aggravent la peur sur les axes routiers.
La mort de personnalités, comme Abdoul Jalil Mansour Haïdara, illustre la violence du contexte.
Les tensions sociales s’intensifient également.
Un accord controversé sous pression
Enfin, des révélations évoquent un accord implicite.
Selon AFP, des détenus liés au jihadisme auraient été libérés.
En échange, les convois de carburant auraient obtenu un passage sécurisé.
Les autorités maliennes démentent ces informations.
Cependant, la reprise partielle du trafic interroge.
Elle coïncide avec l’atténuation des pénuries.
Un État fragilisé face à une guerre économique
Aujourd’hui, le Mali fait face à une situation inédite.
Le carburant devient un levier de pression stratégique.
Le JNIM n’a pas besoin de conquérir des villes.
Il lui suffit de contrôler les routes.
Dès lors, la question reste ouverte.
Que se passera-t-il lors du prochain blocage des convois ?
