Quatorze anciens présidents de groupes parlementaires de l’Assemblée nationale ont exprimé, ce 1er février 2026, leur soutien à Doudou Wade et au journaliste Pape Ngagne Ndiaye. Réunis au sein d’un collectif, ils dénoncent une judiciarisation croissante de la parole critique, à la suite des poursuites engagées après l’émission Faram Facce.
Une réaction collective face aux poursuites judiciaires
Les anciens responsables parlementaires ont décidé de sortir de leur réserve. Dans une déclaration rendue publique, ils disent soutenir Doudou Wade et Pape Ngagne Ndiaye, visés par des poursuites judiciaires pour des propos tenus à l’antenne.
Parmi les signataires figurent notamment Me Aïssata Tall Sall, Abdou Mbow et Moustapha Diakhaté. Ensemble, ils expriment leur « vive préoccupation » face à ce qu’ils considèrent comme une dérive inquiétante : la judiciarisation de la critique politique.
Liberté d’expression et pluralisme en question
Tout en prenant soin de ne pas remettre en cause l’indépendance de la Justice, le collectif rappelle plusieurs principes fondamentaux. D’abord, la liberté d’expression et le droit à la critique bénéficient d’une protection constitutionnelle, renforcée par les engagements internationaux du Sénégal.
Ensuite, les anciens parlementaires estiment que l’analyse politique et la critique de l’action gouvernementale ne doivent pas conduire à des poursuites pénales. Selon eux, une telle pratique risquerait d’étouffer le pluralisme démocratique et de fragiliser le débat public.
Un appel au sens de l’État
Dans leur déclaration, les signataires appellent les autorités à faire preuve de « sens de l’État ». Ils estiment que la préservation du dialogue politique et de la stabilité institutionnelle passe par une tolérance accrue à l’égard des opinions critiques.
Par ce geste qualifié de « fraternel et républicain », ces figures historiques du Parlement entendent surtout tirer la sonnette d’alarme. À leurs yeux, les libertés publiques montrent des signes d’effritement qu’il convient de prendre au sérieux, afin de préserver les fondements démocratiques du pays.
