Le député-maire de Louga, par ailleurs, président de la coalition Farlu, est impliqué dans une affaire de détournement de fonds pour financer sa campagne électorale. L’inspectrice des Trésors a pompé plus de 734 millions de francs CFA des caisses de la Commission de Régulation du Secteur de l’Énergie (CRSE), dont une grande partie a été versée à Moustapha Diop par l’intermédiaire de son chauffeur, Mbaye Ngom, et de celui de la dame Ibrahima Ndiaye. Mor Gueye, un proche collaborateur de Mme Tabaski Ngom, est actuellement en détention suite à une plainte déposée par cette dernière. Par ailleurs, l’Agent Comptable Particulier (ACP) de la CRSE a été traduit devant le parquet financier depuis le 11 décembre.

Tabaski Ngom poursuit Moustapha Diop pour un cumul de 560 millions FCFA.

Tabaski Ngom ne jure que par « Lat Dior », le surnom qu’elle lui attribue dans ses échanges liés à l’acheminement des fonds. C’est à ce moment que Mor Gueye, patron de l’entreprise « Sen Setal », une vieille connaissance et homme de confiance de Mme Ngom, intervient. Dans la même lettre de mise en demeure, l’ACP réclame à l’honorable député la somme de 210 millions de francs CFA. « Nous notons, honorable, que pour éviter tout problème, l’ancien ministre des Finances avait décidé de rembourser l’argent, qui devait transiter par votre dépôt ouvert dans les livres du Trésor Général, puis par le compte de Mor Gueye pour être reversé dans la comptabilité de Mme Ngom.

Malheureusement, cet argent n’a jamais été restitué », mentionne la requête de l’huissier Me Abdoulaye Faye. À ce montant s’ajoutent « 300 000 000 F CFA, que M. Mor Gueye vous a également remis pour le paiement d’un marché qui n’a jamais été exécuté. Cet argent, honorable, comme vous l’aviez indiqué, devait servir à financer des fonds de campagne et être remboursé aussitôt après les élections ».

Mor Gueye et « sa société écran » se retrouvent dans de sales draps.

Sa relation avec Tabaski Ngom remonte à 2021. « Non seulement il a commis du faux, mais aussi, il a abusé de sa confiance car il n’a pas reversé tout l’argent qu’il avait reçu pour être déposé à la banque ». « Je reconnais avoir commis une erreur en acceptant d’endosser les chèques et de faire transiter l’argent par mes soins. J’ai remis tout l’argent qu’on m’avait chargé de convoyer. Elle m’accuse d’avoir détourné son argent alors que je ne lui dois rien ».

« Je ne connais pas Moustapha Diop, mais j’ai remis 40 millions à son chauffeur en main propre ».

Interpellé sur ses éventuels liens avec le député-maire de Louga, Mor Gueye rétorque qu’il n’a jamais eu de contact avec lui. « Je ne le connais pas, c’est elle qui me parlait toujours de ses affaires, de sa campagne. L’objet de l’entretien téléphonique était de me demander de battre campagne pour Farlu à Nguékhokh. De l’argent m’a été donné pour ça. »

« Je n’ai pris l’argent de personne. Ma faute c’est le fait que l’argent ait transité par moi ».

L’origine réelle des fonds utilisés par Tabaski Ngom.

En réalité, la dame est Agent Comptable Particulier. Elle dépend de la Direction Générale de la Comptabilité publique et du Trésor. Après l’APROSI, elle a été dernièrement en poste à la Commission de Régulation du Secteur de l’Énergie du 15 avril au 25 octobre 2024. En tant que dépositaire des chéquiers et de la gestion des comptes, Tabaski Ngom a ouvert, en août, un troisième compte à la BGFI Banque qu’elle a approvisionné gracieusement.

Elle a répété la même opération en mi-novembre pour un montant supérieur à 449 millions. Entre la mi-octobre et le 5 décembre, Tabaski Ngom a frauduleusement soustrait plus de 734 millions du compte de BGFI. Toutes les opérations se sont déroulées dans l’intervalle des élections législatives.




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