Alors que sa demande de liberté provisoire vient d’être rejetée, Farba Ngom se retrouve au cœur d’une nouvelle tempête. La ministre de la Justice, Yacine Fall, a révélé l’existence de pratiques jugées gravissimes au sein même de la prison, mettant en cause le détenu dans l’utilisation frauduleuse de téléphones portables et des communications internationales aux implications lourdes.
L’affaire Farba Ngom prend une tournure encore plus inquiétante. Après le refus du parquet d’accorder une liberté provisoire au maire des Agnams, la ministre de la Justice, Yacine Fall, a tenu un point de presse pour exposer ce qu’elle a qualifié de « dérives graves » constatées dans le cadre de sa détention.
Selon la Garde des Sceaux, Farba Ngom était en possession de téléphones portables en prison, en violation flagrante du règlement intérieur des établissements pénitentiaires. Cette situation, loin d’être anodine, soulève de lourdes interrogations sur la sécurité, l’intégrité du système carcéral et le respect de l’égalité devant la loi.
Le détenu est déjà poursuivi dans deux procédures distinctes portant sur des faits d’une extrême gravité, notamment association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, escroquerie sur les deniers publics pour des montants estimés à plus de 123 milliards de francs CFA, ainsi que pour complicité d’abus de biens sociaux. Mais les révélations faites par la ministre ajoutent une nouvelle dimension à ce dossier déjà explosif.
Une fouille menée le 28 décembre 2025 dans la cellule de Farba Ngom, située au pavillon spécial, a permis la découverte de deux téléphones portables. D’après les autorités judiciaires, ces appareils auraient été utilisés pour mener des communications transfrontalières avec plusieurs pays, notamment le Maroc, le Mali, l’Autriche, le Bangladesh et les États-Unis.
Toujours selon la ministre Yacine Fall, ces échanges n’étaient pas anodins : ils concernaient des opérations financières nationales et internationales, le suivi de chantiers, ainsi que des discussions avec diverses personnalités politiques et médiatiques. Autant d’activités incompatibles avec le statut de détenu et susceptibles, selon elle, de porter atteinte à l’intégrité de la justice et à l’ordre public.
Face à la gravité des faits allégués, des investigations ont été ouvertes afin d’identifier les complicités internes qui auraient permis l’introduction et l’utilisation de ces appareils en milieu carcéral. Pour le gouvernement, il s’agit d’un test majeur de l’autorité de l’État et du principe selon lequel nul ne doit être au-dessus des règles, même derrière les barreaux.
En attendant l’issue des procédures judiciaires, cette affaire jette une lumière crue sur les failles du système pénitentiaire et relance le débat sur la lutte contre l’impunité dans les dossiers politico-financiers. Farba Ngom, déjà fragilisé par les poursuites, voit désormais son image davantage ternie par ce nouveau scandale qui dépasse les murs de sa cellule.
