Le satellite sénégalais GaindeSat-1A s’est consumé lors de sa rentrée dans les couches denses de l’atmosphère à 04:38:45 UTC, marquant ainsi la fin de sa mission. Pour le professeur Gayane Faye, coordonnateur du programme SenSat, cet épilogue reste toutefois tout à fait normal dans la vie d’un satellite de cette catégorie.

Une fin de mission jugée normale

Selon le spécialiste, la disparition du satellite ne constitue pas un événement exceptionnel. En effet, pour un engin spatial de petite taille dépourvu de système de contrôle d’attitude (ADCS), la perte progressive d’altitude est inévitable au fil du temps.

La durée opérationnelle de GaindeSat-1A était initialement estimée entre 12 et 24 mois. Cependant, le pic d’activité solaire observé en 2025 a accéléré sa descente dans l’atmosphère, limitant finalement la mission à environ 17 mois.

Un investissement au-delà du satellite

Le coût global du projet, estimé à près de 700 millions de francs CFA, ne concerne pas uniquement la fabrication et le lancement du satellite. D’après le Pr Gayane Faye, il s’agit avant tout d’un vaste programme de transfert de compétences et de technologies.

Ce programme a notamment permis la formation d’ingénieurs sénégalais ainsi que la mise en place d’un centre de contrôle au sol. Pour le coordonnateur de SenSat, l’objectif principal n’était pas seulement l’objet spatial.

« La vraie réussite de GaindeSat n’est pas le satellite lui-même : ce sont les compétences et l’écosystème qu’il est en train de créer », explique-t-il.

Selon lui, acheter un satellite déjà fabriqué aurait coûté moins cher, mais n’aurait pas permis au pays de développer une véritable autonomie technologique.

Un programme spatial en pleine accélération

Malgré la fin de la mission de GaindeSat-1A, le programme spatial sénégalais poursuit son développement. Le lancement du prochain satellite, GaindeSat-1B, est prévu pour l’été 2026.

D’après le professeur Gayane Faye, ce nouvel appareil est actuellement en cours de fabrication par les ingénieurs de SenSat, cette fois sans accompagnement technique extérieur.

Le projet prévoit également une nouvelle étape avec le modèle GaindeSat-1D, qui devrait être entièrement assemblé au Sénégal dans un futur centre spatial.

Dans une perspective d’indépendance technologique, les responsables du programme travaillent aussi sur un projet de fusée nationale afin de réduire la dépendance aux lanceurs étrangers.

Vers une constellation de satellites

La prochaine phase du programme spatial s’articulera autour de GaindeSat-2. Ce projet prévoit la mise en place d’une constellation de satellites plus volumineux, dédiée à l’imagerie à haute résolution.

Plus d’une soixantaine de structures étatiques ont déjà été consultées afin d’identifier leurs besoins en données satellitaires, notamment pour l’agriculture, l’environnement, la sécurité et l’aménagement du territoire.

Selon le coordonnateur du programme, les études techniques devraient être finalisées d’ici juin, tandis que les premiers lancements de cette nouvelle génération de satellites pourraient intervenir autour de 2028.

En attendant, le bilan global de la mission de GaindeSat-1A a été transmis aux plus hautes autorités de l’État afin de préparer la prochaine étape de la stratégie spatiale du Sénégal.

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