La Russie a lancé, samedi 7 février, une offensive massive contre les infrastructures électriques ukrainiennes, provoquant de larges coupures de courant en plein hiver. Parallèlement, sous médiation américaine, les efforts diplomatiques se poursuivent, tandis que l’Ukraine rejette toute négociation menée sans sa participation.
Moscou cible à nouveau le réseau électrique
Tôt samedi matin, l’armée russe a intensifié ses frappes contre le système énergétique ukrainien, touchant plusieurs installations stratégiques à travers le pays. La compagnie nationale Ukrenergo a confirmé une attaque de grande ampleur toujours en cours au moment de son annonce.
L’opérateur a indiqué que les dégâts infligés par les frappes avaient contraint les autorités à instaurer des coupures d’urgence dans la majorité des régions, dans un message publié sur Telegram vers 5h15 GMT.
Cette offensive s’inscrit dans la continuité d’une campagne prolongée visant les infrastructures critiques ukrainiennes, responsable de la plus grave crise énergétique depuis le début de l’invasion russe en 2022.
Des civils confrontés au froid et aux pénuries
En conséquence, des centaines de milliers de foyers se sont retrouvés privés d’électricité et de chauffage. À Kiev, déjà fortement éprouvée ces dernières semaines, les autorités ont signalé de nouvelles coupures dès les premières heures de la journée.
La situation se complique davantage avec la vague de froid. Les températures ont atteint -5°C samedi matin dans la capitale et pourraient chuter jusqu’à -20°C en début de semaine. Par ailleurs, des explosions et des interruptions de courant ont également été signalées dans l’ouest du pays.
Une escalade militaire dans un climat tendu
Ces frappes interviennent dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible. La veille, des tirs à Moscou ont blessé le général Vladimir Alekseïev, haut responsable du renseignement militaire russe. Les autorités russes ont rapidement accusé Kiev, qui n’a pas réagi à ces allégations.
Ce regain de tensions militaires contraste toutefois avec une reprise prudente du dialogue diplomatique entre les belligérants.
Des échanges relancés sous médiation américaine
Sur le plan diplomatique, Russes et Ukrainiens se sont rencontrés mercredi et jeudi à Abou Dhabi, en présence de représentants américains, afin d’examiner des pistes de règlement après près de quatre années de conflit.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué qu’une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu « probablement à Miami » dans le courant de la semaine suivante, à l’initiative des États-Unis. L’Ukraine a déjà donné son accord pour ce rendez-vous, a-t-il précisé.
Kiev pose ses lignes rouges
Cependant, Volodymyr Zelensky a réaffirmé une position ferme : aucun accord ne saurait être conclu sur l’Ukraine sans l’Ukraine. Il a notamment rejeté toute négociation bilatérale entre Washington et Moscou qui exclurait Kiev, en particulier sur les questions territoriales.
La Russie occupe actuellement environ 20 % du territoire ukrainien et revendique le contrôle total du Donbass, tout en exigeant le retrait des forces ukrainiennes des zones encore sous leur contrôle. Une exigence jugée inacceptable par Kiev.
« L’Ukraine ne soutiendra aucun accord la concernant sans qu’elle soit impliquée », a insisté le président, rappelant que tout compromis devait être conforme à « la Constitution et aux lois ukrainiennes ».
Zaporijjia, un point de blocage persistant
Enfin, les discussions n’ont enregistré aucune avancée sur le dossier sensible de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par les forces russes depuis 2022. Ce site stratégique demeure l’un des principaux points de désaccord entre les deux camps.
