L’internement d’Azoura Fall à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye continue de susciter de vives réactions. La décision, ordonnée par le président du Tribunal de grande instance de Dakar, inquiète les défenseurs des droits des malades mentaux. L’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux (Assamm) dénonce notamment une mesure judiciaire prise sans expertise médicale préalable.
Une décision judiciaire qui suscite l’incompréhension
D’abord, la décision d’interner Azoura Fall dans un établissement psychiatrique provoque l’étonnement des acteurs engagés dans la défense des personnes souffrant de troubles mentaux. Le président du Tribunal de grande instance de Dakar a en effet ordonné son placement à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye.
Cependant, cette mesure soulève des interrogations au sein de la société civile, en particulier parmi les organisations spécialisées dans l’accompagnement des malades mentaux.
L’Assamm dénonce une absence d’expertise médicale
Face à cette situation, l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux (Assamm) monte au créneau. Son président, Ansoumana Dione, affirme avoir été surpris par cette décision judiciaire.
Selon lui, la justice ne devrait pas prononcer un internement psychiatrique sans qu’une expertise médicale préalable établisse clairement l’état mental de la personne concernée. Pour l’Assamm, une telle procédure reste essentielle afin de garantir le respect des droits des patients et d’éviter toute confusion entre traitement médical et sanction judiciaire.
Un appel à plus de rigueur dans la prise en charge
Ainsi, Ansoumana Dione interpelle les autorités judiciaires et les invite à faire preuve de plus de rigueur dans ce type de décisions. Il insiste notamment sur la nécessité de respecter les procédures médicales et légales encadrant l’internement psychiatrique.
Pour l’Assamm, la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux doit reposer avant tout sur une évaluation médicale sérieuse et indépendante. À défaut, prévient l’organisation, le risque est grand de voir l’hôpital psychiatrique utilisé comme une alternative à la prison, au détriment des droits des malades.

