Les manifestants poursuivent leur mobilisation en Iran. Vendredi 2 janvier, ils ont organisé de nouveaux rassemblements à Téhéran et dans plusieurs villes de province, scandant des slogans de plus en plus virulents contre le pouvoir. Selon l’agence de presse Mehr, des assaillants ont tué un membre des forces de sécurité « à l’arme blanche et par balles » dans l’ouest du pays, accentuant la tension d’un mouvement entré dans sa septième journée.
À Téhéran, les manifestants se sont regroupés dans plusieurs quartiers à la tombée de la nuit, rapporte notre correspondant Siavosh Ghazi. Dans certaines zones populaires, ils ont allumé des feux. Des rassemblements ont également eu lieu dans une trentaine de villes de province, où les participants ont scandé des slogans hostiles au régime, voire favorables à la monarchie Pahlavi.
À Qom, capitale religieuse du pays, des manifestants ont incendié des conteneurs à ordures ainsi qu’un véhicule. Selon une agence de presse iranienne, un manifestant a trouvé la mort après l’explosion d’une grenade qu’il transportait.
Rassemblements dispersés et vague d’arrestations
Les manifestants se mobilisent par groupes de quelques dizaines à quelques centaines de personnes, dispersés dans différents quartiers, ce qui complique l’intervention des forces de l’ordre. Les autorités ont annoncé l’arrestation d’une centaine de personnes ces derniers jours, dont des individus soupçonnés de fabriquer des engins explosifs artisanaux et des cocktails Molotov.
L’agence Mehr, citée par l’AFP, a confirmé la mort d’Ali Azizi, membre du Bassidj, une force paramilitaire affiliée aux Gardiens de la Révolution. Des assaillants l’ont mortellement blessé à l’arme blanche et par balles dans la ville de Harsin, lors d’un rassemblement que les autorités qualifient de « regroupement d’émeutiers armés ».
Le régime dénonce un « complot étranger »
Sur le plan politique, le guide suprême Ali Khamenei a reconnu le caractère « juste » de certaines revendications économiques, tout en affirmant que les autorités devaient « remettre à leur place » les « émeutiers ».
La situation s’est également tendue sur le plan international après les déclarations de Donald Trump. Vendredi, l’ancien président américain a menacé, sur son réseau Truth Social, d’une intervention des États-Unis si le régime iranien réprimait les manifestations. Il a diffusé son message en persan afin d’en renforcer l’impact.
En réaction, les autorités iraniennes ont averti qu’elles répondraient de manière « dure et immédiate » à toute intervention américaine ou israélienne, affirmant que celle-ci mettrait en danger la sécurité des soldats américains dans la région.
Sur le plan intérieur, les responsables iraniens disent vouloir distinguer les manifestations pacifiques, notamment celles des commerçants et bazaris, des actes violents. « Il est désormais clair qu’un complot étranger est à l’œuvre, nous n’accepterons pas les troubles », a déclaré un responsable des forces de l’ordre. Les médias officiels ont diffusé des images de personnes armées tirant en l’air, de drapeaux iraniens brûlés et d’attaques contre des lieux religieux afin d’étayer la thèse d’une déstabilisation venue de l’étranger.
