Alors que le géant pétrolier américain Kosmos Energy enregistre une perte nette pour 2025, ses nouvelles opérationnelles sur le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, offrent des perspectives encourageantes pour l’économie sénégalaise. En revanche, le groupe confirme son retrait stratégique du bloc Yakaar-Teranga.

Yakaar-Teranga : un retrait stratégique confirmé

Hier, Kosmos Energy a clarifié sa position sur le bloc de Yakaar-Teranga, l’un des plus grands gisements de gaz naturel au monde. Après le départ de BP, qui souhaitait vendre le gaz à l’étranger, la société américaine confirme son retrait du bloc, en coordination avec la société nationale Petrosen.

Ce retrait intervient quelques jours après l’annonce du Premier ministre sénégalais de réviser le contrat, et fait suite à l’impossibilité de trouver un partenaire adéquat ou de définir un modèle de développement commercialement viable. Kosmos a ainsi procédé à une dépréciation comptable de 144 millions de dollars, correspondant aux coûts des puits suspendus forés en 2016 et 2017.

Désormais, la main est donnée aux autorités sénégalaises pour réorganiser le financement de ce projet stratégique pour la souveraineté énergétique du pays.

Grand Tortue Ahmeyim : un projet phare en pleine montée en puissance

À l’inverse, le projet Grand Tortue Ahmeyim continue de franchir des étapes décisives. Kosmos Energy confirme que la production a atteint la capacité nominale du navire de liquéfaction (FLNG), soit environ 2,7 millions de tonnes par an (mtpa) en décembre 2025.

L’élan se poursuit début 2026, avec une production moyenne de 2,9 mtpa depuis janvier. Pour le Sénégal, cette hausse se traduit par une visibilité accrue sur les revenus gaziers, et le nombre de cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait doubler cette année par rapport à 2025. Les coûts opérationnels nets par baril équivalent pétrole devraient, par ailleurs, chuter de plus de 50 % grâce au refinancement de l’unité flottante de production (FPSO) finalisé en janvier.

Vers une accélération du gaz domestique

La Phase 1 du projet vise à renforcer l’approvisionnement intérieur. Kosmos et ses partenaires travaillent désormais à utiliser les infrastructures existantes pour fournir le marché local. Le rapport précise que « les termes de l’accord pour les ventes de gaz domestique sont attendus dans le courant de l’année 2026 ».

Parallèlement, le Sénégal s’apprête à lancer la construction du réseau de gazoducs dès le trimestre prochain. Ces infrastructures permettront d’acheminer le gaz offshore vers les côtes sénégalaises pour alimenter les centrales électriques et l’industrie, concrétisant ainsi la stratégie nationale « Gas-to-Power ».

Un bilan financier global mitigé

Au niveau global, Kosmos Energy a enregistré une perte nette de 377 millions de dollars pour le quatrième trimestre 2025, impactée par des éléments exceptionnels, dont le retrait de Yakaar-Teranga et des dépréciations dans le Golfe du Mexique.

Pour le Sénégal, cependant, 2026 s’annonce comme l’année de maturité pour Grand Tortue Ahmeyim. Si le départ de Kosmos de Yakaar-Teranga marque la fin d’un cycle, la montée en puissance de la production à Saint-Louis et le lancement imminent des infrastructures gazières nationales placent le pays sur une trajectoire de croissance énergétique solide.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *