Une coordination urgente pour soutenir les familles
Dakar – Face à une prise en charge jugée insuffisante et à un système éducatif encore peu inclusif, la Plateforme Autisme Sénégal (PAS) monte au créneau. Sa présidente, Aïssatou Diallo Camara, mère d’enfants autistes, appelle à une coordination nationale pour que l’autisme ne reste plus un combat solitaire pour les familles.
Un constat amer sur l’inclusion
Au Sénégal, l’autisme touche de plus en plus d’enfants, mais les réponses institutionnelles tardent. C’est ce constat qui a motivé la création de la PAS, qui regroupe aujourd’hui neuf associations. Pour Mme Camara, fédérer les efforts n’est pas seulement un atout : c’est une nécessité stratégique. « Il serait plus judicieux de coordonner les efforts des différentes parties prenantes pour que des actions concrètes soient posées par les autorités », insiste-t-elle.
Plaidoyer et élaboration de politiques publiques
La PAS ne se limite pas au plaidoyer : elle veut devenir un levier pour l’élaboration de politiques publiques efficaces. La présidente souligne que l’engagement des parents atteint ses limites sans soutien étatique : « Plusieurs initiatives privées sont prises par les parents, mais la problématique demeure. Nous devons travailler plus étroitement avec l’État. »
Changer la perception culturelle de l’autisme
Mme Camara rappelle que l’autisme n’est pas une maladie, mais une forme de neurodiversité qui peut s’améliorer avec une prise en charge adaptée. Elle plaide pour une inclusion complète, de la sphère médicale aux bancs de l’école.
Éducation : un droit encore inaccessible
La plateforme dénonce l’inclusion à deux vitesses dans les écoles : seuls certains handicaps, visuels, moteurs ou auditifs, bénéficient d’un accompagnement. Les enfants autistes restent trop souvent exclus du système classique. « Sans infrastructures adaptées et sans personnel formé, le droit à l’éducation reste un mirage pour des milliers d’enfants », avertit Mme Camara.
Priorités de la Plateforme Autisme Sénégal
La PAS propose un cadre de concertation pérenne avec l’État, fondé sur des données fiables. Ses priorités sont claires :
- établir un recensement exhaustif des enfants atteints de Troubles du Spectre Autistique (TSA),
- renforcer le partenariat avec les acteurs locaux (médecins, enseignants, Badienou Gox),
- créer des formations professionnelles pour adultes autistes trop souvent invisibilisés.
Un combat pour la nation toute entière
Pour la présidente, ce combat dépasse les familles : « L’acceptation de la diversité nous enrichit tous. Aujourd’hui et chaque jour, réaffirmons notre humanité commune et renouvelons notre engagement pour un monde plus inclusif. »
