Le leader du mouvement au pouvoir, Ousmane Sonko, envisage de déposer une proposition de loi visant à limiter le droit de dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République. Cette initiative, évoquée lors d’une réunion avec la direction du Pastef, suscite déjà de vives réactions dans le milieu juridique et politique.

⚖️ Une réforme qui inquiète certains juristes

Interrogé par L’Observateur, Mouhamadou Ba, agrégé des Facultés de droit, met en garde contre les conséquences d’une telle mesure. Selon lui, limiter le pouvoir de dissolution à une seule fois pourrait déséquilibrer les institutions.

« Une telle disposition placerait l’Exécutif à la merci du Législatif », affirme-t-il. Le spécialiste estime que l’interdiction de dissoudre l’Assemblée nationale fragiliserait le fonctionnement du régime.

Le risque d’un déséquilibre institutionnel

Le juriste souligne également les implications politiques possibles. Il estime que si Ousmane Sonko quitte l’Exécutif pour retrouver son siège au Parlement, il pourrait renforcer son influence au sein du pouvoir législatif.

Cette hypothèse alimente les débats sur une éventuelle recomposition des équilibres institutionnels au Sénégal.

Un appel à un rééquilibrage des pouvoirs

Malgré ses critiques, Mouhamadou Ba plaide pour une approche équilibrée. Il propose d’accompagner toute limitation du droit de dissolution par une réforme encadrant également les pouvoirs du Parlement.

Selon lui, une réforme cohérente devrait empêcher aussi le Législatif de renverser l’Exécutif de manière abusive. Il considère cette double limitation comme une garantie essentielle de stabilité institutionnelle.

Un débat dans un contexte de « cohabitation douce »

Cette initiative intervient dans un contexte politique particulier, qualifié de « cohabitation douce » par Ousmane Sonko. Des rumeurs évoquent en effet une possible dissolution du Parlement, dont la majorité serait favorable au Premier ministre.

Dans ce climat, le projet de réforme relance le débat sur l’équilibre des pouvoirs entre l’Exécutif et le Législatif au Sénégal.

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