Toutes les 15 minutes, la rage tue une personne dans le monde. Au Sénégal, plusieurs défis subsistent pour lutter contre cette zoonose virale qui affecte le système nerveux central. Plus de 99 % des cas humains sont provoqués par des morsures de chiens infectés. Le virus se transmet aux mammifères, y compris les chiens, chats, bétail et animaux sauvages. Les enfants âgés de 5 à 14 ans sont les plus touchés. C’est pourquoi, pour la docteure Ndèye Mbacké Kane, coordonnatrice du Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées, « l’élimination de la rage animale signifie aussi l’élimination de la rage humaine, ce qui nécessite une prise en charge multisectorielle, surtout dans le cadre du programme One Health ».
Lors d’un atelier de renforcement des capacités des journalistes, la Dre Kane a rappelé que la rage humaine, une maladie tropicale négligée, reste toujours mortelle sans intervention médicale rapide, bien qu’elle soit évitable à 100 % par la vaccination. Elle a expliqué que la transmission se fait par la salive, généralement par morsure, égratignure ou contact direct avec des muqueuses, et que la maladie devient mortelle dès l’apparition des signes cliniques.
En ce qui concerne les symptômes de la rage chez l’homme, la Dre Kane a décrit des altérations du comportement, des hallucinations, de l’aérophobie, de l’hydrophobie, une salivation excessive et de l’agressivité. La période d’incubation varie généralement entre 4 et 12 semaines, et les signes cliniques incluent la fièvre, la paralysie et des changements comportementaux graves.
Sur le plan épidémiologique, le Sénégal reconnaît la rage comme une maladie à déclaration obligatoire depuis 2008. Entre 2013 et 2023, le pays a enregistré 34 044 cas d’exposition à la rage, avec 61 décès depuis 2009. En 2023, cinq décès humains dus à la rage ont été signalés, et 45 cas de rage animale ont été recensés chez divers animaux, dont les chiens, bovins et caprins.
La Dre Kane a insisté sur l’importance de la prévention pour atteindre l’objectif « zéro décès humain lié à la rage d’ici 2030 ». Elle a recommandé de vacciner les chiens et chats, et de contacter les services de santé ou l’Institut Pasteur en cas de morsure pour un traitement antirabique. De son côté, le docteur vétérinaire Fama Cheikh Guèye a mis en garde contre le contact avec des chiens non vaccinés et souligné l’importance de contrôler la population de chiens errants.
Pour répondre à ces défis, le ministère sénégalais, à travers la Direction des Services vétérinaires, a mis en place des mesures de vaccination et de contrôle des chiens errants. En 2024, 1 469 chiens domestiques ont été vaccinés et 1 419 chiens errants ont été éliminés dans le cadre du Programme de renforcement de la protection zoo-sanitaire.
