Au Sénégal, les lenteurs administratives freinent l’efficacité de l’État, découragent les investisseurs et exaspèrent les citoyens. Pourtant, des pistes de solution existent. Encore faut-il une volonté réelle de les appliquer.


Un mal quotidien pour les citoyens et les entreprises

Au service de l’état civil, pour l’obtention d’un permis, d’un extrait, d’un passeport ou d’un document foncier, les Sénégalais attendent. Parfois des jours. Souvent des mois. Ces retards pénalisent les usagers, ralentissent les projets et alimentent la corruption.

Les entreprises aussi en souffrent : retards dans la création de sociétés, blocages dans l’obtention de licences ou de certificats d’importation. Le coût de ces lenteurs devient économique et social.

Des causes multiples, mais identifiables

L’administration fonctionne encore selon des logiques héritées de l’époque coloniale : lourdeurs bureaucratiques, procédures manuelles, manque de transparence. L’absentéisme du personnel, la complexité des circuits de validation et la mauvaise circulation de l’information aggravent le problème.

Trop de décisions reposent sur une chaîne hiérarchique lente. Trop de documents dorment sur les bureaux, sans que personne ne les traite à temps. Résultat : les citoyens perdent confiance, et certains cèdent à la tentation de « faciliter » les choses par des moyens détournés.

Des initiatives encore insuffisantes

Le gouvernement a pourtant lancé plusieurs réformes. L’Agence de l’informatique de l’État (ADIE) a numérisé certains services, notamment avec les plateformes comme « servicepublic.gouv.sn » ou « monespace.sn ». Mais leur usage reste limité, faute de vulgarisation, de formation des agents et d’un maillage numérique cohérent sur le territoire.

De nombreuses préfectures et sous-préfectures n’ont pas encore accès à ces outils. Les dysfonctionnements restent nombreux. Trop souvent, même un dossier complet passe des semaines sans traitement, faute de suivi ou d’initiative.

Des solutions concrètes et applicables

Le Sénégal peut sortir de ce cercle vicieux. Il doit :

  1. Simplifier les procédures administratives : éliminer les documents redondants, réduire les intermédiaires et automatiser les réponses.
  2. Généraliser la numérisation : former le personnel, équiper toutes les administrations, et rendre les services en ligne accessibles même aux zones rurales.
  3. Instaurer un suivi des délais : chaque démarche doit avoir un délai précis. Les administrations doivent être tenues responsables en cas de non-respect.
  4. Créer un guichet unique dans les secteurs clés : foncier, commerce, transport, immigration. Cela éviterait les allers-retours inutiles entre plusieurs bureaux.
  5. Renforcer les mécanismes de plainte et de contrôle citoyen : permettre aux citoyens de signaler les lenteurs ou les abus via une plateforme transparente.

Conclusion : un impératif de gouvernance

Accélérer l’administration, ce n’est pas simplement une question de confort : c’est une exigence de bonne gouvernance, de compétitivité économique et de justice sociale. Le Sénégal a les moyens d’y parvenir. Il reste à en faire une priorité nationale.


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