Le contentieux opposant l’opérateur économique sénégalais Bocar Samba Dièye à la société suisse Ascot Commodities connaît une évolution favorable à ce dernier. Le tribunal de Dakar a annulé une ordonnance autorisant l’exécution au Sénégal d’une sentence arbitrale rendue à Paris, fragilisant davantage la position de l’entreprise helvétique.

Le bras de fer judiciaire entre Bocar Samba Dièye et la société suisse Ascot Commodities vient de connaître un nouvel épisode décisif. Le 22 décembre dernier, le tribunal de Dakar, statuant en référé, a annulé une ordonnance qui permettait à Ascot Commodities de faire exécuter au Sénégal une sentence arbitrale rendue à Paris en février 2025.

Cette décision constitue un sérieux coup dur pour la stratégie judiciaire de la société suisse, qui s’appuyait sur des créances anciennes et vigoureusement contestées par l’homme d’affaires sénégalais. Selon les informations rapportées par Libération, Ascot Commodities avait, avant même cette annulation, procédé à une saisie-attribution de plus de 7 milliards de francs CFA sur les avoirs de Bocar Samba Dièye. Cette mesure fait désormais l’objet d’une contestation devant le tribunal de commerce.

Bocar Samba Dièye continue de rejeter catégoriquement les réclamations formulées à son encontre. Il soutient que les sommes réclamées par Ascot Commodities sont infondées, affirmant avoir intégralement honoré la transaction litigieuse, portant sur une livraison de riz, à travers un compte séquestre bancaire. L’opérateur économique rappelle par ailleurs qu’une décision antérieure du tribunal de Dakar avait condamné la société suisse à lui verser 800 millions de francs CFA, un élément qu’il considère comme renforçant nettement sa position dans ce différend financier.

Avec l’annulation de l’ordonnance d’exequatur, Bocar Samba Dièye enregistre ainsi un succès judiciaire supplémentaire dans un dossier complexe et ancien, marqué par de multiples rebondissements. Si cette décision affaiblit la démarche d’Ascot Commodities, les suites de l’affaire restent néanmoins attendues devant les juridictions commerciales, où le contentieux devrait se poursuivre dans les prochains mois.

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