Ciblés par des attaques attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), les chauffeurs routiers maliens ont décidé de suspendre leurs activités ce 9 février 2026. Le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers (Synacor) exige notamment le rapatriement des dépouilles de leurs collègues exécutés fin janvier entre Kayes et la frontière sénégalaise.

Un arrêt de travail pour interpeller les autorités

Réunis en assemblée générale ce lundi à Bamako, les chauffeurs routiers ont annoncé un arrêt total du travail à compter de ce 9 février. À travers cette décision, le Synacor entend exprimer son « profond mécontentement face à la situation actuelle » et alerter les autorités de transition sur l’insécurité persistante qui frappe le secteur.

Le syndicat réclame, en priorité, le rapatriement des corps des chauffeurs tués lors de l’attaque survenue le 29 janvier dernier entre la ville de Kayes et Diboli, à la frontière du Sénégal.

Des dépouilles laissées sur la route

Dans un communiqué, les responsables du Synacor dénoncent le sort réservé aux victimes. Selon eux, les dépouilles de leurs collègues ont été « laissées sur le goudron » après l’attaque, une situation jugée inacceptable par la profession.

En conséquence, le syndicat conditionne toute reprise des activités au rapatriement préalable des corps. Pour accentuer la pression, il a également décrété la suspension de « toutes les opérations, notamment celles de déchargement ».

Une attaque qui a profondément choqué la profession

Cette attaque contre un convoi transportant du carburant a profondément traumatisé les chauffeurs routiers. Si le secteur a déjà payé un lourd tribut par le passé, les professionnels soulignent le caractère particulièrement violent de cette opération.

Selon les témoignages relayés par le syndicat, les assaillants ont abattu ou exécuté l’ensemble des chauffeurs interceptés avant d’abandonner les corps en bordure de route.

Les transporteurs désormais ciblés

En outre, le Synacor rappelle qu’en novembre dernier, le JNIM a affirmé, dans une vidéo de propagande, considérer désormais les transporteurs de carburant comme des « cibles militaires ».

À ce stade, les autorités de transition maliennes n’ont pas réagi publiquement à cette attaque et n’ont, pour l’instant, donné aucune suite aux revendications du syndicat.

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