À l’appel de la Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL), une marche pacifique s’est tenue ce jeudi dans la ville de Saint-Louis. Les manifestants ont rendu hommage aux étudiants décédés lors de mouvements de contestation et ont interpellé les autorités sur l’impunité et les difficultés persistantes de l’enseignement supérieur.
Une “journée noire” pour la mémoire étudiante
La CESL a décrété cette journée « journée noire » au sein de l’Université Gaston Berger. Selon Amadou Ba, président de séance de la coordination, la mobilisation vise à honorer la mémoire de feu Alpha Yoro Tounkara et Prospère Cléodor Senghor, deux étudiants décédés sur le campus alors qu’ils manifestaient, selon les organisateurs, pour l’intérêt général et contre des situations jugées injustes.
Dénonciation des violences et de l’impunité
Prenant la parole, Amadou Ba a fustigé la répétition des violences dans les universités sénégalaises et l’absence de réponses judiciaires claires. « Les universités ne sont ni des cimetières ni des champs de bataille », a-t-il martelé, estimant que l’impunité alimente la survenue de nouveaux drames tant que les responsabilités ne sont pas situées et sanctionnées.
Des dossiers judiciaires sous surveillance
La coordination a également évoqué des dossiers emblématiques, notamment celui de Mouhamadou Fallou Sène, dont le procès est annoncé pour le 26 juin 2026. Les étudiants se disent toutefois prudents, rappelant de précédents reports et des procédures jugées dilatoires. Ils réclament une justice « équitable et diligente » pour l’ensemble des victimes, parmi lesquelles Balla Gaye, Abdoulaye Ba, Prospère Senghor et Alpha Yoro Tounkara.
Conditions de vie et gouvernance universitaire en cause
Au-delà de l’aspect judiciaire, la CESL a pointé la gestion des autorités universitaires, en particulier les fermetures répétées des restaurants universitaires, jugées arbitraires. Pour les manifestants, ces décisions aggravent les conditions de vie des étudiants et entretiennent un climat de tension permanent sur les campus.
Un appel aux autorités
Les étudiants ont appelé les autorités étatiques et judiciaires, ainsi que l’Assemblée nationale, à s’impliquer pleinement afin que toute la lumière soit faite sur ces affaires. Déterminée, la communauté estudiantine de Saint-Louis affirme qu’elle poursuivra la mobilisation « tant que justice ne sera pas rendue », réaffirmant que l’université doit rester un temple du savoir, et non un lieu de violence.
