Une réforme jugée nécessaire
La renégociation des contrats miniers et extractifs s’impose, selon l’économiste Moubarack Lo.
Il estime qu’elle permettra de rétablir l’équilibre entre l’État et les entreprises.
Invité du Grand Jury sur la Radio Futurs Médias (RFM), il a salué l’initiative gouvernementale.
Cependant, il appelle à revoir des pratiques qu’il juge défavorables au pays.
Selon lui, les ressources nationales doivent profiter d’abord aux Sénégalais.
Il dénonce un système où l’État supporte parfois les pertes.
Dans certains cas, les bénéfices profiteraient davantage aux entreprises étrangères.
Revoir les mécanismes économiques
Pour le statisticien, la renégociation doit corriger plusieurs déséquilibres économiques.
Ces failles empêchent parfois le pays de valoriser pleinement ses ressources.
Il appelle ainsi à une gestion plus rigoureuse des richesses nationales.
L’objectif reste de garantir des retombées directes pour la population.
Dans cette logique, il évoque une véritable « réinitialisation » des pratiques économiques.
« Il faut remettre à plat ce qui ne fonctionne pas », a-t-il insisté.
Le débat sur l’emploi
L’économiste relativise aussi l’argument de l’emploi avancé par certaines entreprises.
Selon lui, cet argument ne peut justifier des pertes pour la collectivité.
Il souligne que ces entreprises évoquent souvent des milliers d’emplois créés.
Cependant, il appelle à comparer ces chiffres aux pertes subies par l’État.
Dans certains cas, ces pertes pourraient atteindre des centaines de milliards de francs CFA.
Une analyse coût-bénéfice pour l’État
Pour Moubarack Lo, le débat doit reposer sur une analyse coût-bénéfice globale.
Si les pertes dépassent les gains, la renégociation devient indispensable.
Cette position rejoint l’approche du gouvernement sénégalais.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé un vaste audit.
Les autorités examinent actuellement plusieurs conventions stratégiques.
Ces secteurs concernent notamment les mines, les hydrocarbures et les cimenteries.
Selon les premières estimations, certaines conventions auraient coûté cher au pays.
Le manque à gagner dépasserait 1 075 milliards de francs CFA pour le Sénégal.
