Les autorités de Nairobi ont lancé un avis d’évacuation dans le sous-quartier de CDC Mtoni, situé dans le bidonville de Kibera. En cause : les risques croissants d’inondations et les craintes liées à la fragilité du barrage de la ville.
Des habitants contraints de rester malgré le danger
Dans ce quartier construit le long de la rivière Nairobi, de nombreuses familles vivent dans des habitations précaires en tôle.
Helena, résidente du secteur, a récemment perdu tous ses biens lors d’une inondation. Faute de moyens, elle s’est installée un peu plus haut, sans pouvoir s’éloigner réellement de la zone à risque.
Comme beaucoup, elle fait face à une réalité difficile : les logements plus sûrs sont inaccessibles financièrement.
Une flambée des loyers aggravée par la crise
À mesure que l’on s’éloigne de la rivière, les loyers augmentent fortement.
Selon Caren Akinyi Nyonje, du Centre pour la justice sociale de Kibera, les inondations ont entraîné une spéculation immobilière :
- les loyers augmentent tous les 100 mètres
- les propriétaires profitent de la situation
- les habitants n’ont pas d’alternative
Cette hausse rend les zones sécurisées inaccessibles pour les populations les plus vulnérables.
Le barrage de Nairobi au cœur des inquiétudes
Le barrage de Nairobi, construit en 1953, inquiète les autorités locales.
Le gouverneur de Nairobi alerte sur un risque majeur : une rupture du barrage pourrait provoquer une catastrophe humaine.
Cette menace renforce la pression sur les habitants appelés à évacuer.
Des familles sans solution de relogement
Malgré les risques, de nombreux habitants restent sur place.
Peninnah, mère de quatre enfants, explique qu’elle ne peut pas quitter son logement faute de ressources. D’autres, comme Berryl, se sont endettés pour se reloger, sans garantie d’être totalement en sécurité.
L’absence d’aide concrète limite les possibilités de départ.
Un contexte national déjà marqué par les inondations
Le Kenya fait face à une saison des pluies particulièrement meurtrière.
- 81 morts recensés depuis le début des pluies
- un précédent drame en 2024 à Gachie (une trentaine de victimes)
Ces événements renforcent les inquiétudes des populations vivant dans les zones à risque.
Une urgence humanitaire et urbaine
La situation à Kibera met en lumière plusieurs défis :
- vulnérabilité des quartiers informels
- manque de solutions de relogement
- pression immobilière
- gestion des infrastructures vieillissantes
Sans réponse rapide, les habitants restent exposés à des risques majeurs.
