Un nouvel éclairage entoure la libération de près de 300 élèves et professeurs enlevés en novembre dernier à l’école Saint Mary de Papiri, au Nigeria. L’affaire intervient dans un contexte diplomatique tendu, marqué par de fortes pressions de Washington sur Abuja.
Le président américain Donald Trump avait publiquement accusé les autorités nigérianes de laisser se perpétrer un « génocide » des chrétiens dans le pays, accentuant la pression internationale.
Une rançon malgré l’interdiction officielle
Selon des informations rapportées par Agence France-Presse (AFP), la libération des otages aurait été obtenue en échange d’une importante somme d’argent et de la remise en liberté de deux commandants de Boko Haram.
La loi nigériane interdit en principe tout paiement de rançon pour la libération d’otages, et les autorités ont toujours nié toute transaction de ce type. Pourtant, d’après des sources citées par l’AFP, un accord aurait bel et bien été conclu avec les ravisseurs.
Le montant exact reste flou : une source évoque près de 7 millions de dollars, tandis qu’un autre interlocuteur parle d’environ 1,5 million de dollars.
Un transfert d’argent par hélicoptère
Les modalités de l’échange seraient particulièrement spectaculaires. L’argent aurait été acheminé par hélicoptère vers les collines de Gwoza, bastion historique de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria.
Selon des sources sécuritaires consultées par l’AFP, un chef jihadiste nommé Ali Ngule aurait réceptionné les fonds avant de se rendre au Cameroun pour confirmer l’opération, en raison de l’absence quasi totale de réseau téléphonique dans la zone côté nigérian.
Le rôle présumé de Sadiku
L’enquête de l’AFP met en lumière le rôle central de Boko Haram dans ce kidnapping de masse. L’opération aurait été orchestrée par un commandant connu sous le nom de Sadiku, actuellement implanté dans l’État de Niger, au centre-ouest du pays, une région également marquée par la présence de nombreux gangs armés.
Sadiku est présenté comme le cerveau de l’attaque spectaculaire contre le train reliant Abuja à Kaduna, au cours de laquelle plus de 60 personnes avaient été enlevées. Il serait aussi impliqué dans l’attaque meurtrière de Woro, survenue le 3 février dans l’État de Kwara, qui a fait plus de 160 morts.
Entre impératif humanitaire et risque sécuritaire
Si ces révélations se confirment, elles posent la question délicate du dilemme auquel font face les autorités : sauver des vies à court terme tout en risquant de renforcer financièrement et stratégiquement des groupes armés responsables d’attaques massives.
À ce stade, les autorités nigérianes n’ont pas officiellement confirmé les éléments avancés par l’AFP.
