L’annonce de Paris, Londres et Berlin d’activer à l’ONU le mécanisme de rétablissement automatique des sanctions contre l’Iran a provoqué une vive réaction de la Chine et de la Russie. Les deux puissances jugent l’initiative « contreproductive » et mettent en garde contre de graves conséquences pour la stabilité régionale.
Pékin appelle au dialogue
La diplomatie chinoise a dénoncé une décision risquant d’« aggraver la crise » autour du nucléaire iranien. « Ce n’est pas constructif », a estimé Guo Jiakun, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Selon Pékin, le dossier nucléaire se trouve « à un tournant », et le Conseil de sécurité devrait « favoriser la reprise du dialogue » plutôt que créer « une nouvelle confrontation ». La Chine craint en particulier une montée des tensions au Proche et Moyen-Orient.
Moscou met en garde contre des « conséquences irréparables »
À Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a publié un communiqué au ton particulièrement ferme. Il avertit que le retour des sanctions internationales pourrait mener à « une nouvelle tragédie ». La Russie exhorte les Européens à « revoir leurs décisions erronées » pour éviter une escalade.
Cette mise en garde survient alors que Moscou, bien qu’opposée à la prolifération nucléaire, reste soucieuse de préserver sa coopération militaire avec Téhéran, en pleine guerre en Ukraine.
Le retour des inspecteurs de l’AIEA
Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé le retour de ses inspecteurs en Iran. Il s’agit de la première mission depuis la suspension de la coopération par Téhéran en juillet, à la suite de la guerre déclenchée par Israël. Mais pour son directeur Rafael Grossi, les conditions restent insuffisantes : « Il n’existe pas de régime d’inspection à la carte », a-t-il insisté.
Les Européens enclenchent le « snapback »
Berlin, Paris et Londres (E3) ont déclenché jeudi le mécanisme dit « snapback », prévu par l’accord de 2015 (JCPOA). Cette procédure, activée après que l’AIEA a constaté un dépassement des seuils d’enrichissement d’uranium, ouvre une période de 30 jours au terme de laquelle les sanctions pourraient être rétablies.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé à profiter de ce délai pour « trouver des solutions diplomatiques » avant que le Conseil de sécurité de l’ONU ne statue.