Serigne Mame Thierno Mbacké, coordonnateur du Mouvement des doomus daaras de Touba et Mbacké (MOODAP), a réagi à la décision du président Bassirou Diomaye Faye d’engager une révision du texte encadrant la Direction générale de la modernisation des daaras. Rattachée au ministère de l’Éducation nationale, cette réforme vise à intégrer les écoles coraniques dans le système éducatif formel et à y introduire des formations professionnelles.
Babacar Samb, reconduit mais contesté
Dans sa déclaration, Serigne Mame Thierno Mbacké rappelle que l’actuel directeur général, Babacar Samb, a été renouvelé à son poste alors qu’il avait été nommé sous le président Macky Sall. Il déplore cependant que les engagements pris lors des assises des daaras – notamment l’implication directe des maîtres coraniques dans la gestion de la direction – n’aient toujours pas été respectés, selon un texte relayé par FD Media.
Les acteurs coraniques demandent plus d’implication
Le coordonnateur du MOODAP appelle ainsi le président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko à associer davantage les acteurs de l’enseignement coranique, estimant qu’ils maîtrisent mieux les réalités du terrain et les difficultés structurelles du secteur.
Une direction jugée déconnectée des réalités des daaras
Serigne Mame Thierno Mbacké demande également au ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, d’affecter des « doomus daaras » au sein de la Direction générale de la modernisation des daaras. Selon lui, les responsables issus du système éducatif classique – dont l’actuel directeur général – ne disposent pas d’une connaissance suffisante des enjeux propres aux daaras.
Il estime par ailleurs que les résultats enregistrés au cours des cinq dernières années sont insuffisants, ce qui justifie selon lui la nécessité de nommer un responsable issu du milieu coranique.
Vers une meilleure structuration de l’enseignement coranique ?
Pour améliorer la gouvernance du secteur, Serigne Mame Thierno Mbacké propose la création d’inspections d’académie exclusivement dédiées à l’enseignement coranique dans les zones où celui-ci est fortement implanté, comme les départements de Mbacké et de Louga. Cette mesure permettrait, selon lui, de répondre de manière plus ciblée aux attentes des maîtres coraniques.
