Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a annoncé la publication du rapport sur la gestion du FADP ce vendredi à 16 heures, au Building administratif Mamadou Dia. Cette démarche vise à répondre aux nombreuses interpellations des acteurs du secteur médiatique.

En effet, ces derniers réclament depuis plusieurs mois davantage de transparence dans la gestion et la distribution de cette aide publique destinée à soutenir les entreprises de presse.

Une controverse amplifiée par des convocations policières

Dans ce contexte tendu, la répartition du FADP a donné lieu à une série de convocations à la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar. Les autorités judiciaires ont ainsi ouvert des investigations à la suite de déclarations publiques jugées potentiellement diffamatoires.

Mame Makhtar Guèye, vice-président de l’ONG Jamra, a été le premier entendu par les enquêteurs, à la demande du procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar.

Par la suite, Habibou Dia, directeur de la Communication au sein du ministère, a également été convoqué. La Direction de la Communication avait en effet saisi le procureur, estimant que certaines prises de parole portaient atteinte à la crédibilité du FADP ainsi qu’à celle des membres de son Conseil de gestion.

Des déclarations à l’origine de la polémique

À l’origine de cette affaire, une intervention de Ibrahima Lissa Faye sur l’émission RFM Week-end. Lors de cette prise de parole, le directeur de publication de PressAfrik et coordonnateur de la Coordination des associations de presse du Sénégal (CAP) a vivement critiqué la répartition du fonds.

Dans la foulée, ses propos ont été relayés par Mame Makhtar Guèye dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Celui-ci y dénonçait une distribution qu’il jugeait inéquitable de l’aide publique à la presse.

Suite à ces déclarations, Ibrahima Lissa Faye a été entendu par la police le mardi 31 mars, marquant une nouvelle étape dans cette affaire.

Les éditeurs de presse réclament transparence et réforme

Parallèlement, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) est monté au créneau. Dans un communiqué publié le 31 mars, l’organisation a dénoncé une « gestion scandaleuse » du FADP.

Elle exige notamment la publication exhaustive de la liste des bénéficiaires, la réalisation d’un audit indépendant du fonds ainsi qu’une réforme en profondeur du mécanisme de répartition. L’objectif affiché est de garantir plus d’équité et de restaurer la confiance au sein du secteur.

Un rapport très attendu

Dans ce climat de défiance, la publication du rapport apparaît comme un moment clé. Elle pourrait permettre d’éclairer l’opinion publique sur les modalités de gestion du FADP et, potentiellement, d’apaiser les tensions entre les autorités et les professionnels des médias.

Reste à savoir si les éléments rendus publics suffiront à répondre aux nombreuses critiques et à ouvrir la voie à des réformes durables.

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