En République Démocratique du Congo (RDC), l’ancien chef de guerre Donat Kengwa Omari comparaît devant la justice dans la province du Sud-Kivu. Accusé de crimes contre l’humanité, il aurait, entre 2016 et 2021, dirigé la Force Populaire de Paix (FPP), une coalition de groupes armés maï-maï, opérant dans les territoires de Shabunda et Kalehe.
Au cours du procès, onze victimes voilées pour leur sécurité ont témoigné à la barre. Des femmes ont décrit les violences sexuelles qu’elles ont subies de la part des miliciens sous les ordres de Donat Kengwa Omari. D’autres résidents ont relaté les exactions de ces groupes armés : des meurtres, l’incendie de villages et le pillage des champs et du bétail.
Donat Kengwa a rejeté les accusations. Il a reconnu qu’il administrait une « potion magique » aux miliciens Raiya Mutomboki pour les rendre prétendument invulnérables aux balles des rebelles rwandais des FDLR, mais il affirme n’avoir jamais opéré dans le territoire de Kalehe, d’où sont issus les témoins.
Les avocats des victimes espèrent que ce procès, qui se déroule à Miti dans le territoire de Kabare, près de Bukavu, aboutira à des réparations. La défense, cependant, reste convaincue que Donat Kengwa n’est pas le principal responsable et souligne que c’est à sa demande que cette confrontation avec les victimes a lieu, afin de prouver son innocence.
Le procès se poursuit ce week-end sous la supervision de Trial International, dans le cadre de la Task force Justice pénale internationale, un réseau coordonné par le bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme.
