Face à une production rizicole historique mais à des ventes en berne sur le marché intérieur, l’État du Sénégal décide d’imposer la priorité au riz local dans les structures publiques. À travers une instruction adressée à plusieurs ministères, les autorités veulent soutenir les producteurs, absorber les stocks et consolider la souveraineté alimentaire nationale.
Une production historique confrontée à des ventes ralenties
Cette année, la filière rizicole nationale franchit un cap en enregistrant une production record. Les acteurs du secteur saluent cette performance, fruit d’investissements soutenus et d’efforts constants en faveur de l’autosuffisance.
Cependant, malgré cette avancée significative, de nombreux producteurs peinent encore à écouler leurs stocks sur le marché intérieur. Cette situation crée un paradoxe préoccupant : l’abondance de l’offre contraste avec la faiblesse de la demande institutionnelle et commerciale.
L’État impose la priorité au riz local
Face à ces difficultés persistantes, les autorités passent à l’action. Dans une instruction formelle adressée à plusieurs membres du gouvernement, l’État exige désormais que les structures publiques privilégient l’approvisionnement en riz d’origine sénégalaise.
Concrètement, les ministères concernés doivent intégrer systématiquement le riz local dans leurs plans d’achats, leurs cahiers des charges et leurs contrats de fourniture, conformément aux dispositions légales en vigueur. Par ailleurs, ils devront adapter leurs modalités d’approvisionnement afin de faciliter la commande de riz local, tout en respectant les procédures administratives applicables.
Ainsi, l’État active pleinement le levier stratégique de la commande publique, en complément des dispositifs de régulation des importations déjà en place.
Plusieurs départements ministériels mobilisés
Cette orientation concerne notamment les ministères en charge de la Justice, des Forces armées, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, des Finances et du Budget, de l’Enseignement supérieur, de l’Éducation nationale, de la Santé ainsi que de la Famille et des Solidarités.
En outre, les ministres de l’Industrie et du Commerce ainsi que de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage ont reçu ampliation du document, signe d’une coordination gouvernementale élargie autour de cet objectif.
Un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire
Selon le communiqué, si les difficultés de commercialisation persistent, elles risquent de compromettre les efforts consentis ces dernières années pour atteindre la souveraineté nationale en riz. C’est pourquoi le gouvernement attache un prix particulier à l’exécution diligente de cette instruction.
À travers cette mesure, les autorités entendent non seulement absorber la production record, mais aussi sécuriser durablement les revenus des riziers et dynamiser l’ensemble de la chaîne de valeur locale. En définitive, l’État fait de la commande publique un instrument central pour consolider la souveraineté alimentaire du pays et soutenir structurellement la filière rizicole nationale.
