L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé a décidé de franchir un nouveau cap dans son bras de fer avec les autorités. Dans un communiqué, le directoire annonce la reconduction du mot d’ordre de grève pour les mercredi 22, jeudi 23 et vendredi 24 avril 2026.

Cette décision intervient après une évaluation jugée insatisfaisante du précédent mouvement de 72 heures, observé les 8, 9 et 10 avril. Les syndicats estiment que leurs revendications n’ont reçu aucune réponse concrète.

Une radicalisation assumée face aux mesures gouvernementales
Par ailleurs, l’Alliance dénonce vigoureusement ce qu’elle qualifie de « manœuvres dilatoires » du gouvernement. Elle pointe notamment les réquisitions du personnel, les ponctions sur salaires et, plus largement, un manque de volonté politique.

Selon les organisations membres, ces mesures traduisent une gestion inadaptée de la crise et renforcent la détermination des travailleurs à poursuivre le mouvement.

L’exemple des transporteurs comme précédent
Toutefois, dans ce climat tendu, l’ASAS salue l’issue favorable de la récente grève des transporteurs. Elle attribue ce dénouement à l’implication directe du chef de l’État, un précédent qu’elle juge révélateur.

Ainsi, les syndicalistes estiment qu’une intervention similaire pourrait permettre de débloquer la situation actuelle dans le secteur de la santé.

Un appel pressant au chef de l’État
Dans cette optique, l’Alliance adresse un appel direct au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Elle sollicite son arbitrage, considérant qu’une implication au plus haut niveau de l’État est désormais indispensable.

Les responsables syndicaux critiquent, en parallèle, ce qu’ils perçoivent comme une absence d’engagement du gouvernement et du Premier ministre dans la résolution du conflit.

Le souvenir des crises passées
En outre, les syndicats rappellent que le secteur de la santé n’en est pas à sa première crise majeure. Ils évoquent notamment les tensions de 2018, qui avaient nécessité plusieurs plans d’action.

Ces épisodes avaient conduit à une audience de décrispation en janvier 2019 sous la présidence de Macky Sall, illustrant l’importance d’un dialogue au sommet de l’État.

Un système de santé sous pression
Enfin, l’ASAS met en garde contre les conséquences d’un conflit prolongé. Elle souligne que la persistance de la crise pourrait fragiliser davantage un système de santé déjà sous pression.

Tout en reconnaissant la nécessité d’assurer la continuité des soins, les syndicats insistent sur l’urgence de parvenir à une solution durable.

Dans l’attente d’une réaction des autorités, le bras de fer se durcit entre les acteurs du secteur et le gouvernement, sur fond d’enjeux majeurs pour les populations sénégalaises.

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