Les autorités ivoiriennes ont convoqué, vendredi, l’ambassadeur du Niger à Abidjan, Badamassi Alfari Sita Sahida Djarori, à la suite de déclarations du chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, mettant en cause le président ivoirien Alassane Ouattara, a annoncé un communiqué officiel.
Abidjan exprime sa « vive indignation »
Dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le gouvernement ivoirien a exprimé sa vive indignation et condamné avec la plus grande fermeté des propos jugés contraires aux usages diplomatiques.
Selon Abidjan, ces déclarations portent atteinte « à l’honneur et à la dignité du chef de l’État ivoirien ainsi qu’au peuple ivoirien ».
Une attaque armée à l’origine de la crise
Cette montée de tension intervient après une attaque armée survenue dans la nuit de mercredi à jeudi contre l’aéroport international Diori-Hamani et la base militaire 101 à Niamey. Des sources locales ont rapporté de fortes détonations peu après minuit.
Les autorités nigériennes ont affirmé avoir neutralisé vingt assaillants lors de cette opération visant des sites stratégiques situés à une dizaine de kilomètres de la présidence.
Tiani accuse la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire
À la suite de cette attaque, le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a directement accusé Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara d’en être les « sponsors ».
« Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires (…) qu’ils s’apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous écouter », a déclaré le chef de l’État nigérien dans une allocution diffusée sur la radio publique La Voix du Sahel.
Abidjan prône le dialogue mais fixe des limites
Lors de l’entretien avec l’ambassadeur nigérien, la Côte d’Ivoire a réaffirmé son attachement au dialogue et à la paix dans la sous-région. Les autorités ivoiriennes ont toutefois souligné qu’elles ne toléreront aucun acte susceptible de compromettre les relations bilatérales entre les deux pays.
Le Bénin rejette également les accusations
Le Bénin a, de son côté, rejeté avec fermeté les accusations du général Tiani. Son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, a estimé que ces allégations manquaient de crédibilité, affirmant que « même les Nigériens n’y croient pas ».
Des relations régionales sous tension
Depuis son arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État de juillet 2023, qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum, le général Abdourahamane Tiani entretient des relations tendues avec la France et plusieurs pays alliés, régulièrement accusés par Niamey de tentatives de déstabilisation.
Cette nouvelle crise diplomatique illustre une fois de plus la fragilité des équilibres politiques et sécuritaires dans la sous-région ouest-africaine.
