Le Collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a publié, mardi, un communiqué d’une rare gravité. Il dénonce des violences policières qui auraient coûté la vie à un étudiant et annonce son intention de poursuivre le Premier ministre Ousmane Sonko pour diffamation.
Un étudiant décédé après une intervention policière
Dans son communiqué, le Collectif affirme que les forces de l’ordre sont intervenues sur le campus social après avoir obtenu une autorisation d’accès. Il soutient que l’étudiant Abdoulaye Ba aurait été « brutalement torturé à mort ».
Selon la même source, le jeune homme ne participait pas aux affrontements. Il se trouvait dans sa chambre lorsque les policiers l’auraient pris pour cible.
Le Collectif décrit une montée des tensions le lundi 9 février. Il évoque des tirs à bout portant dès 10 heures. Il signale aussi des portes de pavillons forcées vers 18 heures, ainsi que des agressions physiques. En outre, il dénonce des saccages et des vols de biens appartenant aux étudiants.
Des poursuites annoncées contre des responsables de l’État
Le Collectif met en cause l’État du Sénégal. Il cite nommément le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur et le ministre de l’Intérieur.
La structure annonce qu’elle saisira les juridictions nationales et internationales. Elle précise également qu’elle compte porter plainte contre le Premier ministre pour diffamation. Toutefois, elle affirme agir en toute indépendance et rejette toute récupération politique.
Mot d’ordre d’« Université morte »
Face à la situation, le Collectif a décrété une opération « Université morte » jusqu’à nouvel ordre. Il invite les étudiants à regagner leurs domiciles.
Il conditionne la reprise des activités à plusieurs exigences. Il demande la prise en charge des revendications étudiantes. Il réclame aussi la libération des camarades arrêtés. Enfin, il exige des sanctions judiciaires ainsi que la démission des responsables concernés.
Fermeture du campus social contestée
Par ailleurs, les représentants étudiants critiquent la décision du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD). Ils dénoncent la fermeture du campus social sans concertation préalable.
Selon eux, cette mesure intervient dans un contexte de deuil collectif. Ils la jugent « irresponsable » et inadaptée à la gravité de la situation.
