En déplacement à Vilnius ce dimanche 25 janvier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé la Pologne et la Lituanie à intensifier leur soutien militaire, notamment en munitions de défense antiaérienne. Cette demande intervient alors que les frappes russes répétées sur les infrastructures énergétiques plongent des centaines de milliers d’Ukrainiens dans le froid et l’obscurité, en plein hiver.

Un appel pressant face à l’intensification des attaques russes

À l’issue de ses entretiens avec les présidents polonais Karol Nawrocki et lituanien Gitanas Nauseda, Volodymyr Zelensky a insisté sur l’urgence de renforcer la protection du ciel ukrainien.

« Aujourd’hui, nous avons parlé de l’énergie en Ukraine, de la situation difficile pour notre peuple et de la manière de soutenir les Ukrainiens. Nous avons aussi abordé la défense aérienne et les moyens de la renforcer », a-t-il déclaré.

Plus tôt, à son arrivée à Vilnius, le chef de l’État ukrainien avait dressé un bilan alarmant des frappes russes récentes. Selon lui, Moscou a lancé, en une semaine, plus de 1 700 drones d’attaque, 1 380 bombes aériennes guidées et 69 missiles de différents types.

« C’est pourquoi des missiles pour les systèmes de défense antiaérienne sont nécessaires chaque jour », a-t-il martelé, soulignant la poursuite des discussions avec les États-Unis et les pays européens pour mieux protéger l’espace aérien ukrainien.

Kiev durement frappée, des centaines de milliers d’habitants affectés

Les bombardements russes ciblant les infrastructures énergétiques ont plongé de vastes zones du pays dans le noir et le froid. La capitale Kiev figure parmi les villes les plus touchées.

« Actuellement, 1 330 grands immeubles résidentiels de Kiev sont privés de chauffage après l’attaque ennemie du 24 janvier », a indiqué dimanche le maire Vitali Klitschko.

Selon ce dernier, plus d’un demi-million de personnes auraient quitté la capitale au cours du mois de janvier. Malgré la mobilisation d’équipes travaillant jour et nuit pour rétablir l’électricité et le chauffage, le gel intense et la répétition des frappes aériennes compliquent fortement les opérations. Mi-janvier, Volodymyr Zelensky a décrété l’« état d’urgence » pour le secteur énergétique.

Un déplacement à forte portée symbolique et historique

La visite du président ukrainien à Vilnius s’inscrivait également dans le cadre des commémorations de l’insurrection de 1863 menée en Pologne et en Lituanie contre la Russie tsariste. Karol Nawrocki a établi un parallèle entre cette révolte historique et la guerre actuelle en Ukraine.

« Qu’il s’agisse de la Russie tsariste, de la Russie bolchevique ou de la Russie de Vladimir Poutine, nos pays indépendants se heurtent toujours à la même menace : celle de la Fédération de Russie », a-t-il déclaré.

La Pologne et la Lituanie comptent parmi les soutiens les plus actifs de Kiev au sein de l’Union européenne et ont récemment fourni des générateurs pour atténuer les conséquences des coupures d’électricité.

Des négociations sans avancée majeure

Sur le plan diplomatique, un premier cycle de négociations directes entre les délégations ukrainienne, russe et américaine, mené à Abou Dhabi dans le cadre d’un plan américain de règlement du conflit, s’est achevé samedi sans progrès significatif.

À Vilnius, Volodymyr Zelensky a reconnu que les positions de Kiev et de Moscou sur les territoires de l’est de l’Ukraine restent « fondamentalement différentes », malgré des discussions qu’il a qualifiées de « constructives ».

« Les Américains tentent de trouver un compromis. Nous avançons vers une communication sous un format tripartite. Ce sont peut-être les premières étapes », a-t-il expliqué, indiquant que de nouveaux pourparlers pourraient se tenir « dès la semaine prochaine » à Abou Dhabi.

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