La Zambie franchit un seuil inédit en Afrique en autorisant les entreprises minières chinoises à régler leurs impôts en yuan. Derrière cette décision, Pékin teste une stratégie financière plus large, visant à réduire la domination du dollar et à renforcer son influence économique sur le continent.

La Zambie, laboratoire de l’influence chinoise

En Afrique australe, la Chine consolide une présence qui dépasse largement le secteur minier. Déjà solidement implanté en Zambie, Pékin y avance désormais ses pions financiers. Ainsi, le pays devient un terrain d’expérimentation pour une ambition plus vaste : remodeler les équilibres monétaires mondiaux sans confrontation directe.

Pour la première fois en Afrique, les autorités zambiennes autorisent les compagnies minières chinoises à payer leurs impôts en yuan. Ce choix envoie un signal fort et conforte le rôle de la Zambie comme laboratoire de l’influence économique chinoise.

Un partenaire clé dans la stratégie de Pékin

Ancienne colonie britannique, lourdement endettée et grand producteur de cuivre, la Zambie occupe une place centrale dans la stratégie africaine de la Chine depuis deux décennies. Pékin s’y impose à la fois comme créancier majeur, investisseur stratégique et principal partenaire commercial.

Dès lors, en testant le paiement des taxes en monnaie chinoise, la Chine transforme ce pays en plateforme stratégique pour la diffusion du yuan sur le continent.

Réduire la dépendance au dollar

À travers cette initiative, Pékin poursuit un objectif clair : réduire la dépendance au dollar et promouvoir une alternative à un système financier dominé par les États-Unis. Dans un contexte marqué par des sanctions américaines récurrentes et des tensions géopolitiques persistantes, de nombreux pays africains cherchent à diversifier leurs devises de référence.

Déjà, le Kenya a converti une partie de sa dette en yuan, tandis que l’Éthiopie étudie cette option. Ces évolutions traduisent une recomposition progressive des équilibres monétaires en Afrique.

Des intérêts croisés pour Lusaka et Pékin

Pour la Zambie, l’intérêt demeure avant tout pragmatique. En effet, le pays cherche à limiter son exposition aux chocs liés aux décisions de politique monétaire américaine. Pour la Chine, en revanche, cette mesure représente une étape supplémentaire vers une influence financière durable en Afrique, un continent clé de sa stratégie globale.

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