La procédure d’extradition visant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne connaît un nouveau rebondissement. Ce mardi 25 novembre, la Cour d’appel de Versailles, qui devait rendre son délibéré, a finalement décidé de surseoir à statuer, estimant que plusieurs zones d’ombre doivent encore être levées avant toute décision.
Une demande de compléments d’information adressée au Sénégal
Les magistrats français ont jugé nécessaire de solliciter des informations supplémentaires auprès de la justice sénégalaise, afin d’éclairer certains aspects du dossier d’extradition.
Dakar dispose désormais jusqu’au 23 janvier pour transmettre ces éléments.
En conséquence, l’audience a été reportée au 3 février, repoussant une fois encore une procédure déjà longue et complexe.
Ce délai supplémentaire fige temporairement la situation de Madiambal Diagne, en France, dans un contexte où la demande d’extradition demeure juridiquement active mais suspendue.
Une affaire de rétrocommissions présumées
Pour rappel, les autorités sénégalaises réclament l’extradition du patron du groupe Avenir Communication dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées rétrocommissions estimées à environ 21 milliards de francs CFA.
Cette affaire trouve son origine dans un rapport de la CENTIF, qui évoque plusieurs transactions suspectes entre :
- les comptes d’une SCI (Société Civile Immobilière) appartenant à Madiambal Diagne,
et - Ellipse Projects, une société française active dans la construction d’infrastructures hospitalières en Afrique.
Selon les enquêteurs, ces mouvements financiers pourraient être liés à des circuits de paiements occultes, justifiant une demande de coopération judiciaire internationale.
Un processus d’extradition de plus en plus incertain
Cette nouvelle décision de la Cour d’appel de Versailles prolonge une procédure déjà marquée par de nombreux obstacles juridiques. Le sursis à statuer montre la volonté de la justice française de sécuriser l’ensemble des éléments avant de se prononcer, dans un dossier où se mêlent enjeux financiers, coopération internationale et sensibilité politico-judiciaire.
En attendant la réponse du Sénégal, le sort de Madiambal Diagne reste suspendu, et l’affaire continue de susciter un intérêt marqué tant en France qu’au Sénégal.
