Ancien international sénégalais, Samba Diarra a marqué le football local par son talent avant de voir sa carrière s’interrompre prématurément. Aujourd’hui, c’est à travers son fils Habib Diarra qu’il revit, par procuration, un rêve inachevé. Dans un entretien accordé à L’Observateur, l’ex-attaquant se confie sans détour.
Un buteur précoce et redouté
Très tôt, Samba Diarra s’impose comme l’un des attaquants les plus redoutables du championnat sénégalais.
À seulement 19 ans, il termine meilleur buteur avec l’ETICS de Mboro, avant de décrocher un titre de vice-champion avec la Linguère de Saint-Louis.
Se décrivant comme un joueur « puissant et technique », il compare volontiers son style à celui de Sergio Agüero, un attaquant complet, à l’aise dans la surface.
De la consécration locale à la désillusion internationale
En 2000, il atteint le sommet avec Yeggo, remportant la Coupe du Sénégal. Pourtant, au moment où sa carrière semble décoller à l’international, le sort s’acharne.
Présélectionné pour la CAN 2000, Samba Diarra est finalement écarté à la dernière minute. En cause : un différend administratif avec feu Omar Seck, alors président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) et de la Jeanne d’Arc, après son choix de rejoindre le Jaraaf.
Une fin de carrière imposée par la blessure
Par la suite, il tente l’aventure à l’étranger, évoluant notamment au Koweït, puis en Grèce avec Panetolikós et Kerkyra.
Cependant, une grave blessure au genou met un terme définitif à sa carrière en 2005, à seulement quelques années de son apogée.
Quand Thierry Henry tente de convaincre
Le destin footballistique de la famille Diarra prend une nouvelle dimension avec Habib, son fils.
Formé en France et capitaine des sélections de jeunes, le jeune milieu de terrain subit une forte pression pour rejoindre les Bleus.
« Thierry Henry m’a appelé personnellement pour essayer de me convaincre de laisser Habib poursuivre avec les Espoirs français, en me promettant l’équipe A », révèle Samba Diarra.
Face à cette approche, l’ancien international campe sur ses positions :
« Je lui ai répondu que j’étais international sénégalais et que mon plus grand souhait était de voir mon fils porter le maillot du Sénégal. »
Un choix assumé et profondément identitaire
Malgré tout, la décision finale revient à Habib Diarra lui-même.
Bien que formé en France, le joueur n’a jamais renié ses racines à Guédiawaye, où il a vécu jusqu’à l’âge de 4 ans.
Admirateur de Idrissa Gana Guèye, Habib décline les sollicitations françaises dès l’appel du sélectionneur Aliou Cissé, scellant définitivement son choix pour le Sénégal.
Une revanche sur le destin
Aujourd’hui, voir son fils disputer la Coupe d’Afrique des Nations représente une immense revanche pour Samba Diarra.
« C’est une grande fierté. Il a réalisé mon rêve. Je lui ai même dit qu’il venait de me dépasser en football », confie-t-il avec émotion.
Décrivant Habib comme un garçon humble, mentalement solide et animé par un fort esprit de gagne, l’ancien buteur conclut :
« Il a hérité de mon caractère. Il n’accepte pas le manque de respect et sait reconnaître quand il n’a pas fait un bon match. »
