À la veille de la visite du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye à Kédougou, les promoteurs du secteur minier semi-mécanisé tirent la sonnette d’alarme. Réunis au sein d’un collectif, ils dénoncent un blocage administratif prolongé qui menace des centaines d’entreprises nationales.
Une visite présidentielle perçue comme une opportunité
Le Collectif des promoteurs sénégalais de l’exploitation minière semi-mécanisée et des carrières du Sénégal (CPEMSCS) entend profiter de la visite présidentielle prévue les 7 et 8 février 2026.
À cette occasion, ses membres souhaitent alerter les plus hautes autorités. Ils évoquent une situation jugée « extrêmement préoccupante », qui dure depuis près de deux ans.
Des activités paralysées malgré de multiples démarches
Selon le collectif, plusieurs rencontres avec le ministère de tutelle sont restées sans effet. En conséquence, les activités minières semi-mécanisées et de carrières restent bloquées.
De plus, l’administration freine l’attribution et le renouvellement des permis. Ce blocage touche directement plus d’une centaine d’entreprises sénégalaises.
Ces sociétés, détenues à 100 % par des nationaux, ont souvent engagé leurs biens personnels. Dans plusieurs cas, les promoteurs ont même hypothéqué leurs propriétés.
Décrets, audits et arrêts massifs d’entreprises
Les membres du collectif pointent l’impact du décret n°2024-1502 du 31 juillet 2024. Ce texte a suspendu les activités minières sur la rive gauche du fleuve Falémé.
Par ailleurs, la multiplication des audits a aggravé la situation. Résultat : des centaines d’entreprises se retrouvent totalement à l’arrêt.
Pour Mame Saliou Ndiaye et ses camarades, cette accumulation de mesures a asphyxié le secteur.
Une insécurité juridique dénoncée
Les promoteurs dénoncent un manque criant de clarté administrative. Ils déplorent l’absence de délais formels et de bases légales solides.
Selon eux, certaines décisions violent les prescriptions du Code minier de 2016. Pire encore, des entreprises attendent une réponse depuis près de deux ans.
Dans plusieurs cas, l’administration ne fournit aucune notification officielle.
Une administration jugée désorganisée
Le collectif rappelle pourtant les principes de bonne gouvernance. Ceux-ci imposent une information claire et rapide des promoteurs.
Or, constatent-ils, certaines notifications arrivent six mois après signature. Parfois, elles exigent des documents déjà transmis.
Ainsi, les producteurs dénoncent une chaîne de traitement confuse. Ils évoquent une dilution inquiétante des responsabilités.
Un sentiment d’injustice chez les promoteurs nationaux
Les membres du CPEMSCS revendiquent leur pleine citoyenneté. Ils rappellent leur appartenance aux forces vives de la Nation.
Dans un contexte économique difficile, ils jugent incompréhensible cette paralysie ciblée. À leurs yeux, l’administration pénalise injustement des entreprises nationales.
Des conséquences économiques et sociales lourdes
Le collectif tire une alerte grave. Derrière chaque entreprise à l’arrêt, il y a des familles en détresse.
Ils évoquent des milliers d’emplois perdus et des milliards de francs CFA envolés. L’État lui-même subit une perte importante de recettes fiscales.
La crainte d’une marginalisation des entreprises sénégalaises
Les promoteurs contestent le blocage des exploitations sous permis de recherche. Ils rappellent que 90 % des activités reposent sur ces autorisations.
Remettre en cause cette pratique favoriserait les grandes compagnies étrangères. Ces dernières contrôlent déjà les zones les plus riches.
Un appel solennel au chef de l’État
Enfin, le collectif appelle à une intervention directe du président et du Premier ministre. Il réclame une gouvernance fondée sur l’appui et la régulation.
Les promoteurs ne demandent aucune aide financière. Ils exigent simplement le droit de travailler et d’investir légalement.
Selon eux, seule une réponse rapide peut éviter l’effondrement du secteur.
