Le président ghanéen John Dramani Mahama annonce le dépôt imminent d’une résolution à l’Assemblée générale des Nations unies. Accra veut faire qualifier la traite transatlantique des esclaves de « crime le plus grave contre l’humanité » et ouvrir un nouveau chapitre dans la reconnaissance historique.
Une résolution attendue en mars à l’ONU
Le Ghana déposera en mars une résolution devant l’Assemblée générale des Nations unies. Le texte vise à reconnaître la traite des esclaves africains comme « le crime le plus grave contre l’humanité ».
Le président John Dramani Mahama a annoncé cette initiative dimanche. Il s’exprimait à la clôture du sommet annuel de l’Union africaine, à Addis-Abeba.
Selon lui, cette démarche constitue une première étape. Il affirme que les consultations menées, avec l’appui de l’Union africaine, renforcent les chances d’aboutir.
« La plus grande injustice de l’histoire »
Le chef de l’État ghanéen défend une « déclaration sur la traite des Africains réduits en esclavage ». Le texte évoque aussi « l’asservissement racialisé des Africains ».
Pour John Dramani Mahama, la traite transatlantique représente « la plus grande injustice » et « le plus grand crime contre l’humanité ». Il insiste sur la nécessité d’une reconnaissance officielle par la communauté internationale.
Ainsi, le Ghana entend placer la question au cœur du débat multilatéral.
Cape Coast, symbole d’un passé douloureux
Cette initiative s’inscrit dans une mémoire encore vive au Ghana. Le fort de Cape Coast Castle, ancien comptoir majeur de la traite négrière, symbolise cette histoire.
Classé au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1979, le site rappelle l’ampleur du commerce transatlantique. Des millions de personnes ont été déportées d’Afrique de l’Ouest et centrale vers les Amériques.
Le Ghana, premier pays d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance en 1957, porte cette mémoire dans son récit national.
Réparations et vérité historique
Avant lui, son prédécesseur Nana Akufo-Addo avait déjà plaidé pour des réparations. En novembre 2023, il appelait à une mobilisation internationale pour obtenir justice face aux conséquences de l’esclavage et de la colonisation.
De son côté, John Dramani Mahama affirme agir en concertation avec la Communauté caribéenne (Caricom). Toutefois, il précise que l’enjeu dépasse la seule compensation financière.
« Il s’agit de rétablir la vérité historique », martèle-t-il.
Une reconnaissance symbolique mais décisive
Pour l’instant, Accra concentre ses efforts sur l’adoption de la résolution. Le président ghanéen veut que le monde reconnaisse officiellement l’ampleur de la traite des esclaves.
Il admet que le vote d’un tel texte n’effacera pas l’histoire. En revanche, il estime qu’il permettra de la reconnaître solennellement.
En portant cette initiative devant l’ONU, le Ghana cherche donc à inscrire la mémoire de l’esclavage au plus haut niveau du droit et de la conscience internationale.

