Au terme de son 39e sommet, l’Union africaine a dévoilé sa nouvelle stratégie à l’égard des pays de l’Alliance des États du Sahel. Si elle réaffirme son attachement au retour à l’ordre constitutionnel, elle privilégie désormais le soutien à la lutte antiterroriste au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Une orientation qui suscite des interrogations et alimente le débat.

Une nouvelle approche pour le Sahel

Réunis à l’occasion de leur 39e sommet, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine ont redéfini leur position vis-à-vis des pays membres de l’Alliance des États du Sahel.

D’une part, l’organisation continentale rappelle l’exigence d’un retour à l’ordre constitutionnel, après les coups d’État intervenus au Mali, au Niger et au Burkina Faso. D’autre part, elle place clairement la lutte contre le terrorisme au cœur de ses priorités stratégiques dans la région.

Ainsi, l’Union africaine opère un rééquilibrage : elle maintient la pression politique sur les régimes militaires tout en renforçant son appui sécuritaire face à la menace djihadiste.

« Une lecture réductrice de la crise malienne »

Cependant, cette orientation ne fait pas l’unanimité. L’ancien ministre malien Housseini Amion Guindo conteste cette approche qu’il juge incomplète, voire erronée.

Farouche opposant aux militaires au pouvoir à Bamako, président du parti Codem et du mouvement Jigiya Kura — aujourd’hui dissous comme l’ensemble des organisations politiques maliennes — il estime que « réduire le problème du Mali à la lutte contre le terrorisme, c’est se tromper ».

Selon lui, la crise malienne dépasse largement la seule question sécuritaire. Elle englobe des enjeux politiques, institutionnels et sociaux profonds que la seule réponse militaire ne saurait résoudre durablement.

Un débat stratégique au sein du continent

Invité de l’émission animée par David Baché, l’ancien ministre appelle à une lecture plus globale de la situation. Il plaide notamment pour une restauration effective de la vie politique et pour un dialogue inclusif susceptible de traiter les causes structurelles de l’instabilité.

En définitive, la stratégie adoptée par l’Union africaine ouvre un débat crucial : faut-il prioriser la stabilisation sécuritaire au risque de reléguer la transition démocratique au second plan, ou articuler plus étroitement les deux impératifs ?

Alors que le Sahel demeure confronté à une insécurité persistante et à des transitions politiques incertaines, les choix opérés par l’organisation panafricaine pourraient peser durablement sur l’avenir de la région.

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